• LES VIKINGS

     


     


    Les Vikings (vieux norrois víkingar, singulier víkingr) sont, au sens large, un peuple de Scandinavie qui se caractérisent par leurs activités d'exploration, de commerce, de pillage et de piraterie au cours d’une période s’étendant du VIIIème au XIème siècle.


    Issus des peuples nordiques, les Vikings furent considérés au début du Moyen Âge comme des pillards et des pirates à cause de la violence de leurs raids. Mais ils furent aussi de grands marins, marchands et guerriers : des îles Féroé, de l'Islande, du Groenland, de l'exploration du Vinland jusqu'en Orient.

      

    Ils fondèrent des États nouveaux et originaux en Normandie, en Sicile et en Russie.


    L'âge viking prit fin à la suite de l'affirmation en Scandinavie de pouvoirs monarchiques centralisateurs et à leurs conversions au christianisme.

    Le bateau viking, le knör (Drakkar étant une invention française du XIXème siècle)


    Les Vikings : de grands navigateurs

    On sait que les Vikings ont parcouru des milliers de kilomètres en direction de l'Islande et du Groenland, découvrant sans doute l'Amérique du Nord vers l'an 1000, bien avant Christophe Colomb.


    Mais leur capacité à naviguer sans boussole sur d'aussi longues distances, et dans des conditions très défavorables (nuit polaire, neige, etc.), reste encore un mystère. Outre leurs excellentes connaissances astronomiques et maritimes, ils auraient utilisé des "pierres de soleil", regardant au travers pour détecter la position exacte de l'astre invisible à l'oeil nu et en déduire ainsi le cap de leur navire


    Cette "pierre de soleil" ne serait autre qu'un "spath d'Islande", un cristal de calcite transparent relativement courant en Scandinavie et qui est encore actuellement utilisé dans certains instruments optiques.

    Je suis un animal brutal qui a soif de vie, d’embellie coaxiale ;
    boire le soleil, l’eau de la pluie, les tornades les ouragans, le son des cloches en plein ciel d’été, les jambes qui déambulent sur les trottoirs mouillés de désir, le sexe gonflé par vents de travers, en arrière, de tous côtés, son sexe coté en bourse,  plein de sciure, prêt à dégouliner de rosée du matin ;
    le travail des mots, les douleurs passagères, l’embolie des sens, la perte de repères, l’absence de contrôle assisté et la poigne de l’amour.
    Je crois qu’il existe une délicatesse insoupçonnée dans le choix des armées, un subtil goût de dérobade au sang des alliées, à la conquête d’une outre-conformité, d’un lac Baïkal qui porterait un autre nom.

      

      

      

      

    Ce cristal a en effet la propriété de "dépolariser" la lumière du Soleil, c'est-à-dire de la filtrer différemment selon la façon dont on oriente la pierre.
    Concrètement, si on regarde la lumière au travers du cristal, il produit deux "faisceaux" différents, l'un "ordinaire" et l'autre "dépolarisé".


    Lorsque l'on tourne le cristal sur lui-même pour obtenir une position, si les intensités des deux images sont strictement égales, alors le cristal donne directement la direction du soleil.

      

    Même sans avoir aucune connaissance scientifique sur la polarisation, les Vikings ont donc facilement pu observer les propriétés de ce cristal et s'en servir pour trouver le Soleil à coup sûr.


    Les Vikings : du commerce à la piraterie

    Vers l’an 800, l’Europe va être confrontée à une terreur qu’elle ne connaissait plus depuis bien longtemps. Des raids éclairs de peuples dits "barbares", souvent contre des édifices religieux, ou des civils sans défense.


    En l’espace de quelques décennies, le viking devient un mythe : un guerrier assoiffé de sang, surgi de nulle part pour repartir après avoir semé la mort et la désolation.


    Les vikings, d’honnêtes marchands scandinaves venus vendre leur marchandises en Europe, vont vite se rendre compte qu’il est bien plus facile de se servir et de voler les populations, plutôt que de continuer à marchander. L’Europe, unifiée par Charlemagne, est dans une période plutôt calme. C’est la paix. Il n’y a pas de défense.

    norse helmet
     

    Les vikings vont alors développer leurs raids : les strandhögg.

      

    Ils débarquent, volent, brûlent, et repartent. Les victimes n’ont pas le temps de réagir. Les assaillants sont repartis avant qu’une quelconque résistance puisse leur être opposée.


    Ils sont généralement peu nombreux, une cinquantaine tout au plus, et fuient à la moindre difficulté. Les vikings sont de piètres guerriers en bataille rangée.

    Et ils le savent.


    Ils mettent donc en place une véritable guerre psychologique, grâce à leurs connaissances de marchand, pour attaquer aux moments les plus propices : une fête religieuse, un jour de grande foire, …

     Greek helmet

    Les Vikings : de raids en sièges

    Au bout de cinquante ans de raids, les guerriers vikings se rendent compte que la résistance est toujours nulle. Ils vont s’organiser en bandes armées, avec des flottes conséquentes.

      

    Nous sommes toutefois loin de l’image véhiculée par les clercs occidentaux qui parlent de mers couvertes par des centaines de bateaux viking, prêts à attaquer. Les pillages continuent, mais cette fois, certaines bandes font le siège de grandes villes, notamment Paris. La plupart du temps, sans succès.


    Les vikings sont de mieux en mieux organisés. Les royaumes Franc et Anglais payent des tributs de plus en plus importants pour stopper les pillages. D’autres contrées vont à leur tour être visitées par ces guerriers du nord : l’Espagne, le sud de la France, l’Italie et même Miklagard (Constantinople).


    Le royaume franc fini par organiser une défense sur ses côtes : fortifications, remparts, …


    Les vikings rencontrent pour la première fois une véritable opposition dans ce royaume. Petit à petit, les attaques vont se déporter vers l’Angleterre.

      

    La "grande armée danoise" y remporte de grands succès. Elle s’empare même d’un royaume dans les années 1870. Le Danelaw vient de naître. Bientôt, seul le Wessex résiste aux envahisseurs. Et fini, après sept ans de lutte, par reconquérir le Danelaw pour unifier l’Angleterre sous sa bannière.


    En France, le roi Charles le Simple préfère donner une terre aux Vikings pour être enfin tranquille. Rollon (Hrólfr en islandais), chef viking, est fait comte de Rouen. Il crée la Normandie. Il est baptisé, et assure, comme il l’avait promis à Charles, la paix aux terres franques intérieures. En l’espace de quelques générations, les vikings de Normandie sont assimilés à la population et deviennent les normands.



    Les dernières conquêtes vikings

    Vers 980, les vikings profitent de la faiblesse du roi Ethelred en Angleterre pour reprendre les raids sur la région. Le Trent et le Sussex sont ravagés, Londres attaquée. Ethelred repousse à chaque fois les attaques en payant de lourds tributs. Norvège et Danemark sont alors unifiés, et le chef de ce nouveau royaume, le danois Sveinn Tjúguskegg va régulièrement revenir piller ces terres.


    En 1014, il conquiert même l’intégralité du Royaume. Ethelred s’est enfui en Normandie. Cinq semaines après sa prise de pou-voir, Sveinn meurt, son fils Knútr est chassé, Ethelred revient.


    En 1016, Knútr récupère son royaume, après la mort du roi, Edmund, le fils de Ethlered. Il fonde le Royaume de Knútr le Grand : il contrôle la Norvège, le Danemark, les Orcades, l’Angleterre et le Winchester.


    Ce royaume ne se délitera qu’après sa mort en 1035.


    L’Angleterre devra alors faire face à des derniers assauts scandinaves, mais Guillaume de Normandie, Guillaume le Grand, résiste. C’est la fin de l’âge viking.

    Le guerrier viking :


    L’image est tenace : un guerrier au casque à pointe, peau de bête, et un crâne humain dans la main pour boire de la vodka… L’imaginaire collectif pour le guerrier viking. Le stéréotype déformé d’Astérix a fait bien du mal à ce guerrier. Car le viking est loin d’être cette bête sauvage assoiffée de sang.


    Généralités :


    Le viking n’est guerrier que durant les beaux jours, lorsque la glace se retire pour laisser les ba-teaux voguer en paix. Durant l’hiver, le guerrier redevient fermier, avec une famille à nourrir.


    La mythologie nordique, et notamment le Vallahla, ce paradis ouvert aux guerriers morts au combat, pousse tout viking à guerroyer. Les peuples du nord n’ont pas peur de mourir au combat. Leur destin est de toute façon écrit, et leur vie dans l’au delà sera enviable.
    L’équipement :


    Aucun guerrier viking n’a combattu avec le fameux casque à corne. Il s’agit d’un casque cérémonial scandinave bien plus ancien qui n’existe plus au temps viking. Le casque de combat est similaire à ceux portés par les Francs ou les Anglais au même moment, avec une protection nasale. Mais il est réservé aux plus riches.

      

    De même que la côte de maille. Les plus pauvres doivent se contenter d’un justaucorps et d’un bonnet en cuir durci.


    Le bouclier est rond, en bois, renforcé de fer, environ 1 mètre de diamètre, et peint de couleurs vives pour cacher à l’adversaire les points faibles, là où il pourra frapper pour fêler le bouclier sans difficulté.


    Les armes, elles, varient selon l’origine géographique.

    L’épée est prisée par les norvégiens et les danois. Mais l’épée scandinave est de moins bonne qualité que l’épée franque. En Islande, l’épée est même quasiment bannie, à cause de l’absence de fer sur l’île : les épées existantes sont de si mauvaises factures qu’elles se tordent sous les coups de l’adversaires.

    L’Islandais lui préférera la hache.


    En Suède, les guerriers utilisent plus volontiers la lance : un fer de 60 cm de long et 2 à 3 mètres de manche.


    Certaines idées reçues prêtes le succès des attaques viking à la supériorité de leur armement. Il n’en est rien. L’équipement viking est en tout point semblable à celui de ses adversaires.


    La tactique


    Les batailles se sont en fait plus jouées sur le plan tactique. Les viking connaissent très bien leurs adversaires, pour les avoir fréquentés en tant que marchands des décennies durant. Ils savent où et quand attaquer : un point sans défense, le plus souvent un jour de grand événement où la sécurité est moindre.

      

    Le bateau viking, le knör (Drakkar étant une invention française du XIXème siècle), à faible tirant d’eau et très maniable permet aux vikings de remonter les fleuves et d’attaquer l’intérieur des terres très rapidement.

      

    La confusion résultant de ces attaques éclairs sert ensuite aux guerriers pour continuer le pillage plus à l’intérieur des terres, à cheval.


    En cas d’une résistance quelconque, le combat est rarement engagé. Les viking n’aiment pas les batailles rangées.

      

    Les rares fois où ils se sont risqués à ce genre de combat, l’issue n’a pas été favorable.

     


    Quand aux combats sur mer, ils se résument le plus souvent à un abordage, et un combat au corps à corps sur les ponts des bateaux.

     


    Dernier point :


    il n’existe pas d’armée viking au sens propre du terme. Les scandinaves n’étaient pas assez nombreux pour former de véritables armées. De même, ils n’avaient pas assez de bateaux pour transporter tout le monde. Les images transmises par les clercs décrivant des mers couvertes de voiles viking ne sont que d’énormes exagérations.

    Les troupes vikings étaient un rassemblement de guerriers qui participaient tous aux frais de l’expédition, avec l’espoir de revenir bien plus riches des terres de l’ouest.

     

     

     

     

     

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    OPTIQUE

    Comment les Vikings s’orientaient en mer grâce à des pierres de soleil

     

     

     

    La fabuleuse pierre de soleil, qui aurait permis, selon les sagas scandinaves, aux navigateurs vikings de s'orienter en mer même par temps couvert,

    n'est pas une simple légende, assurent des chercheurs qui démontrent son efficacité dans une étude publiée mercredi 2 novembre.

     

     

      

    On sait que les Vikings ont parcouru des milliers de kilomètres en direction de l'Islande et du Groenland, découvrant sans doute l'Amérique du Nord vers l'an 1000, bien avant Christophe Colomb. Mais leur capacité à naviguer sans boussole sur d'aussi longues distances et dans des conditions très défavorables

      

    (nuit polaire, neige, etc.) reste encore un mystère.

     

    Outre leurs excellentes connaissances astronomiques et maritimes, ils auraient utilisé des pierres de soleil, regardant à travers pour détecter la position exacte de l'astre, même invisible à l'œil nu, et ainsi en déduire le cap de leur navire.

     

    Les légendes qui les mentionnent ne donnent toutefois aucune indication quant à la nature de ces pierres fabuleuses, dont aucune n'a jamais été formellement identifiée dans les vestiges archéologiques.

     

    Selon Guy Ropars, chercheur au laboratoire de physique des lasers de l'université de Rennes-I, cette pierre de soleil ne serait autre qu'un spath d'Islande, un cristal de calcite transparent relativement courant en Scandinavie et qui est actuellement encore utilisé dans certains instruments optiques.

     

    Ce cristal a, en effet, la propriété de "dépolariser" la lumière du soleil, c'est-à-dire de la filtrer différemment selon la façon dont on oriente la pierre.

     

    Concrètement, si l'on regarde la lumière à travers le cristal, il produit deux "faisceaux" différents, l'un "ordinaire" et l'autre "dépolarisé". "Lorsque l'on tourne le cristal sur lui-même pour obtenir une position, si les intensités des deux images sont strictement égales, alors le cristal donne directement la direction du soleil",

    assurent Guy Ropars et son collègue Albert Le Floch.

     

    "Lorsqu'on regarde le ciel au zénith, la lumière du soleil, qui au départ est non polarisée, tombe sur les molécules de l'atmosphère. Ces molécules se comportent comme de petits réémetteurs qui ne ramènent dans notre œil que la vibration horizontale, perpendiculaire à la direction du soleil", expliquent les physiciens bretons.

     

     

    A l'aide de calculs théoriques très poussés confortés par une longue batterie de tests effectués avec leurs collègues canadiens et américains, ils en concluent que "la direction du soleil peut être facilement déterminée grâce à une simple observation fondée sur la différenciation entre les deux images" produites par le spath d'Islande.

     

     

    "Une précision de quelques degrés peut être atteinte, même dans des conditions de luminosité crépusculaires", souligne l'étude, publiée dans la revue scientifique britannique Proceedings of the Royal Society A.

     

    Un cristal de calcite a récemment été trouvé à bord d'une épave britannique du XVIe siècle découverte au large de l'île anglo-normande d'Aurigny (Alderney, en anglais). Une bizarrerie qui semble inutile étant donné que la boussole était connue des navigateurs européens depuis le XIIIe siècle.

     

     

    "Nous avons vérifié à Aurigny qu'un seul des canons remontés de l'épave peut, à cause de sa masse métallique, perturber l'orientation du compas magnétique de 90°. Ainsi, pour éviter toute erreur de navigation lorsque le soleil est caché, le recours à un compas optique pouvait être crucial même à cette époque", relève l'étude.

      

      

    Image : Wikimedia Commons.

     

     

     

     

     

    SOURCES

     http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/11/02/optique-comment-les-vikings-sorientaient-en-mer-grace-a-des-pierres-de-soleil/

     

     

     

     

     

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  • Les Vikings naviguaient sur les mers, au moyen de cristaux appelés «pierre de soleil" lors

    des journées nuageuses.

     



    Ils étaient craint comme étant les marins les plus grands, les plus courageux de leur époque Maintenant, le mystère sur la façon dont les guerriers vikings et les commerçants trouvaient leur chemin en haute mer des siècles avant que les premiers compas aient atteint l'Europe a pu être résolu.

     



     

    Les scientifiques, d'aujourd'hui ont déclaré que les Normands utilisaient des cristaux spéciaux appelés « pierres de soleil » afin de révéler l'emplacement du soleil même quand il était caché par le brouillard et les nuages.

      

    Les cristaux, qui sont communs dans les pays scandinaves, détectent la façon dont la lumière du soleil est dispersée quand il frappe l'atmosphère terrestre.



    Et une nouvelle étude a montré qu'en tenant l'une d'elle en direction du ciel, les Vikings étaient immédiatement en mesure de trouver le soleil, même lors d'une journée nuageuse ou brumeuse.


    L'idée des « pierres de soleil » comme une aide à la navigation a été soulevée dans les années 1960. Mais de nombreux historiens sont sceptiques - préférant croire que les Vikings utilisaient des cadrans solaires portatifs et les étoiles.

     

     

      


    Les Vikings sans aucun doute ont souvent du naviguer dans des conditions totalement voilées, peut-être pendant des jours et dans les eaux libres loin de la terre », a déclaré l'auteur principal, Dr Gabor Horvath, de l'Université Eötvös à Budapest, qui a dirigé la nouvelle étude internationale.

     



    «Comme le cadran solaire Viking ne peut être utilisé que lorsque le soleil brille, la question se pose de savoir comment les Vikings auraient navigué lorsque le soleil était obstrué par les nuages ou le brouillard, une situation qui peut durer plusieurs jours le long des parties principales des voies maritimes de l'Atlantique Nord utilisées par les marins Vikings.

     



    La nouvelle étude suggère que les anciens marins Scandinaves utilisaient également les cristaux.

    Des études antérieures ont montré que certains cristaux trouvés en Scandinavie se conduisent comme des « pierres de soleil » dans un ciel clair.

    La nouvelle étude, publiée dans la revue Philosophical Transactions de la Royal Society B, a testé des cristaux de « pierre de soleil » dans l'Arctique, en Finlande, en Hongrie et en Tunisie où le soleil était caché.

    Les chercheurs ont découvert que les cristaux révélaient l'emplacement du soleil dans un ciel totalement couvert et lorsque le sol était couvert de neige et de glace.

    «A notre grande surprise, les modèles de la direction de polarisation sous un ciel totalement couvert étaient très similaires à celles du ciel clair ", constatent les auteurs.

    Des recherches antérieures ont montré que certains insectes, notamment les abeilles, utilisent la polarisation pour la navigation quand le soleil est obscurci par des nuages.

    Il y a des références aux « pierres de soleil » dans une saga viking connue sous le nom de la légende de Sigurd.


    Elle raconte la chose suivante: «Le temps était très nuageux, il neigeait. Saint-Olaf, le roi envoya quelqu'un pour regarder autour, mais il n'y avait pas de point précis dans le ciel. Puis il demanda à Sigurd, de lui dire, où le soleil était.


    «Après que Sigurd se soit exécuté, il saisit une « pierre de soleil », regarda le ciel et vit d'où venait la lumière, à partir de laquelle il devina la position du soleil invisible. Il s'est avéré, que Sigurd avait raison"



    Comment fonctionne la « pierre de soleil »

    Les « pierres solaires » détectent la «polarisation» de la lumière du soleil - la manière dont les rayons de lumière sont ainsi dispersés dans des plans différents quand ils atteignent l'atmosphère.

    Les pierres agissent comme des filtres, similaires aux filtres utilisés dans les lunettes de soleil polarisées.


    La lumière ne peut briller à travers le cristal que si elle est polarisée dans une direction particulière. Tous les autres types de lumière sont bloqués.



    La quantité de lumière polarisée dans une direction particulière dépend de la position du soleil dans le ciel à ce moment-là Les navigateurs expérimentés étaient rapidement en mesure de calculer l'emplacement du soleil en faisant pivoter la pierre.

     

     

     

    SOURCES

    http://fr.sott.net/article/2419-Les-Vikings-et-les-pierres-de-soleil

     

      

      

    La mythique «pierre de soleil» des Vikings aurait été trouvée

     

    La légendaire «pierre de soleil» qui aurait notamment aidé les navigateurs vikings à se rendre jusqu'à Terre-Neuve aurait été retrouvée.

    Dans une étude publiée plus tôt cette semaine, des archéologues français et britanniques décrivent un bloc de calcite islandais retrouvé au fond de la Manche dans une épave datant du 16e siècle.

    Ce bloc blanchâtre permettait apparemment aux navigateurs médiévaux de déterminer la position du soleil même s'il était caché par les nuages ou par le brouillard, ou s'il se trouvait sous l'horizon.

    Cette pierre est capable de biréfringence, la propriété qu'ont certains corps transparents de diviser en deux le rayon lumineux qui les pénètre. Cela permet ensuite de déterminer avec une grande précision l'origine de la lumière.

     

    Un chercheur français, Albert Le Floch, a expliqué que les Vikings n'auraient pas eu besoin de comprendre ce phénomène physique pour réaliser à quel point la pierre était facile à utiliser.

    Les Vikings étaient de grands navigateurs et ils utilisant le soleil, les étoiles, les montagnes et même la migration des baleines pour parcourir les océans. Certains s'émerveillent toutefois de leur capacité à parcourir de vastes distances entre le Groenland, l'Islande et Terre-Neuve.

    M. Le Floch souligne qu'une légende islandaise - la saga de Saint-Olaf - semble faire référence aux cristaux de calcite quand on raconte qu'Olaf a utilisé une «pierre de soleil» pour mesurer la position du soleil lors d'une journée enneigée. Les références médiévales à une telle pierre se font toutefois rares.

    Plusieurs experts demeurent sceptiques et soulignent qu'aucune «pierre de soleil» n'a jamais été retrouvée dans un navire ou dans une tombe viking. M. Le Floch rétorque que ces cristaux se détériorent très rapidement quand ils sont exposés à l'acide, au sel ou à la chaleur.

    Il souligne que la pierre sur laquelle porte son étude, le cristal d'Alderney, était entièrement transparente avant d'être rendue opaque par l'eau de mer.

     

     

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    La carte de Skálholt (1570)

     

     

    The Skálholt-map made by the icelandic teacher Sigurd Stefansson in the year 1570. Description Greenlands from Bjørn Jonsen of Skarsaa in Iceland from the year 1669, latin by Theodor Thorlac. Note: Helleland ('Stone Land'=Baffin island) Markland ('forest land'=Labrador) Skrælinge Land ('land of the savages'=Labrador) Promontorium Vinlandiæ

    (the of Vinland=Newfoundland)

     The Viking World Tour

    - 793 England

    * 795 Wales

    * 799 France

    * 807 Ireland

    * 826 Russia

    * 844 Spain

    * 845 Morocco

    * 860 * Iceland

    * 921 Greece

    * 957 Italy

    * 1000 America

     

    Colonisation viking des Amériques

     

    La colonisation viking des Amériques ou colonisation des Scandinaves n'a, a priori, concerné que le Groenland et une implantation à Terre-Neuve, dénommée Vinland.

     

      

    HISTOIRE

     

    Les Vikings sont sans doute la première civilisation de l'« ancien monde » à joindre l'Amérique. Vers l'an 1000, Leif Erikson navigue depuis le Groenland jusqu'à un point restant encore à découvrir en Amérique du Nord (peut-être sur le site actuel de Bay St-Lawrence, au nord de Cape Breton) qu'il appelle Vinland, ce qui fait de lui le découvreur nord-européen de l'Amérique.

      

    Un peu plus tard, Thorfinn Karlsefni installe un village à Terre-Neuve, l'Anse aux Meadows (aujourd'hui inscrit comme site du patrimoine mondial par l'Unesco) qu'il appelle Straumfjörðr. En 1014 naquit Snorri, fils de Thorfinn Karlsefni et Gudrid Thorbjarnardottir, premier Européen né au Vinland. Des relations orageuses avec les autochtones ne sont vraisemblablement pas étrangères à l'évacuation du village, quelques années plus tard.

     

     

    ANCIENT VIKING RUNE STONE LUNAR CALENDAR 1000 AD Norway

     

    Calendrier VIKING

     

    Les Vikings ont nommé les terres américaines de noms nordiques :

     

     

     

    Les sources disponibles sont les sagas.

      

    Il s’agit de textes en prose rédigés par des clercs, fins lettrés, en Islande entre les XIe siècle et XIVe siècle. Souvent, ces textes mêlent réalité et imaginaire, traditions orales plus ou moins établies et effets de styles romanesques.

      

    Deux sagas du XIIIe siècle racontent les périples de Leif Erikson et de son père ainsi que de l'autre explorateur du Vinland, Þorfinnr Karlsefni : la saga d'Erik le Rouge et la saga des Groenlandais.

     

    Avant le début du XIXe siècle, l’idée d’une colonisation viking de l’Amérique du Nord fut considérée par les historiens comme relevant du folklore, jusqu’à l’élaboration en 1837 d’une première hypothèse sérieuse par l’historien de la littérature et archéologue danois Carl Christian Rafn dans son ouvrage Antiquitates Americanæ où il concluait, après une étude en profondeur des sagas, ainsi que des lieux potentiels de colonisation de la côte nord-américaine, que le Vinland était un endroit réel en Amérique du Nord qui avait été colonisé par des Norvégiens.

     

     

     

     

    La découverte en 1960 du site de l'Anse aux Meadows par l’explorateur norvégien Dr. Helge Ingstad et sa femme archéologue Anne Stine Ingstad est venu renforcer cette théorie et la crédibilité des sagas.

     

    La pierre runique de Kensington découverte au sud des Grands Lacs dans le Minnesota, aux États-Unis, fait toujours l'objet d'études controversées. En effet, le texte gravé révèle la présence d'une expédition d'une vingtaine de Vikings accompagnés d'une dizaine de Goths et le tout daté du milieu de 1362.

    La plupart des historiens considèrent cette inscription, découverte en 1898, comme fausse ou douteuse.

     

    La question est toujours débattue.

     

     

     

     

     

     

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    Naissance de l'écriture

     



    Les origines de l'écriture - le début de l'Histoire


    On a l'habitude de dire que la Préhistoire se termine avec la naissance de l'écriture. C'est effectivement avec ce changement culturel que l'homme va rentrer dans l'histoire et commencer à laisser des traces écrites. Les premiers écrits servaient surtout de livres de comptabilité ou d'inventaires. Mais l'homme va rapidement utiliser ce nouveau moyen de communication pour raconter des histoires... et surtout son histoire !



    L'art rupestre, une premièreOrigine Ecriture forme d'écriture ?


    Il y a 40 000 ans, l'homme préhistorique commence à graver, peindre. Sans parler d'écriture on peut déjà remarquer que nos ancêtres ont cherché à communiquer, à transmettre un message, à témoigner (?)...

    Les grottes des Combarelles, de Font de Gaume ou de Lascaux laissent une impression très forte lorsqu'on les visite, comme si l'homme préhistorique avait voulu nous dire quelque chose, nous transmettre sa pensée. Il est pour l'instant difficile de comprendre le message. Si les tentatives d'explication des gravures pariétales sont nombreuses, aucune ne fait vraiment l'unanimité...

     

    Pourquoi l'écriture ?  



    Une écriture devenue indispensable


    comme moyen de communication


    L'écriture est devenue un véritable "besoin" avec le développement d'un système de société hiérarchisée, l'existence d'un pouvoir centralisé, l'émergence des religions.


    Les temples, centres de pouvoir religieux mais aussi administratif, vont devoir s'organiser, comptabiliser et mesuser. Les échanges commerciaux entre villes et contrées se multipliant, il faudra formaliser les actes de ventes.


    Les "calculis" (voir ci-contre), ancêtres de nos factures, vont assez vite être remplacés par des tablettes d'argile dont le format va permettre d'indiquer le propriétaire d'un bien, et d'inventorier la totalité des marchandises.

    L'écriture est née il y a 6000 ans dans deux contrées voisines, la Mésopotamie et l'Egypte, de manière presque simultanée mais différenciée. Si les hiéroglyphes égyptiens et les pictogrammes sumériens sont tous les deux formés de petites images, celles-ci sont totalement propres à leur région.

    Calculis et son enveloppe bulle

     

      

    Les calculis
     

    Pour faciliter les échanges commerciaux, les marchands utilisaient de petits objets en terre cuite qui représentaient la marchandise accompagnée.
     

     

    Valeurs des calculi : le petit cône valait 1, la petite boule 10, le grand cône 60 et le grand cône percé 600.
     

     

    Pour "sceller" la transaction, ces figurines étaient enfouies dans une masse d'argile arrondie.

      

    Les premiers écrits viennent de Mésopotamie

    - 6000 BP La première écriture
    analytique


    C'est dans les restes des temples des cités d'Uruk et de Lagash (le Pays de Sumer, l'actuel Irak) qu'on retrouve les premières traces d'écriture. Elles sont datées de 3300 ans avant JC. Les sumériens utilisaient des roseaux taillés en pointe (les calames) pour tracer les signes sur des tablettes d'argile.


    Cette écriture était composée de pictogrammes ou signes représentant un seul mot ou concept. On a évalué que cette écriture était constituée de plus de 1500 représentations. Les sumériens utilisaient l'écriture pour la rédaction de livres de comptabilité et dénombraient ainsi les possessions du temple comme les sacs de grains, les têtes de bétail...


    Pour certains "mots" les sumériens inventaient des idéogrammes en mélangeant deux pictogrammes...



    - 5 700 BP Le cunéiforme


    Les formes stylisées vont disparaître, elles vont être remplacées par l'écriture cunéiforme. Les sumériens vont prendre l'habitude de travailler différemment leurs calames : ils vont les tailler en biseau. En les enfonçant dans l'argile, l'empreinte avait une forme de "clou" d'où on a tiré le nom cunéiforme.
    On a évalué que cette écriture étaient composée de seulement 600 signes.


    Ces signes (non figuratifs) vont évoluer vers la représentation d'un son : le phonétisme. Ainsi, en associant une suite de sons, on va pouvoir écrire un mot : l'image du "chat" suivie de l'image du "pot" peuvent exprimer le mot "chapeau".... C'est l'ancêtre du rébus !


    Pour aider à la lecture les sumériens utilisaient également des déterminatifs qui permettaient d'indiquer le genre ou le contexte des mots employés.

     

    Période Uruk - pictogrammes Uruk III 3100 avant JC Ecriture cunéiforme - Fara - 2500 avant JC
    Pictogrammes
    Tablette de pierre 3300 av J-C
    British Museum (Londres) © Kroko
    Caractères pictographiques
    Tablette en argile - Uruk III
    env. 3100-2850 av. J-C
    Cunéiformes
    Tablette retrouvée à Fara 2500 av J-C
    British Museum (Londres) © Kroko

     

     

    L'écriture commence en Egypte avec les hiéroglyphes



    - 5000 BP les premiers hiéroglyphes


    On a commencé à retrouver des documents où figurent des hiéroglyphes qui ont été datés de 3000 ans avant J-C. On suppose que l'écriture hiéroglyphique est plus ancienne que cette datation. Les premiers écrits comportent déjà des retransmissions de langue parlée mais ils abordent aussi de nombreux aspects de la civilisation égyptienne : pharmacologie, actes admistratifs, éducation...

     

    Cette écriture n'a pas pu se développer aussi complètement en quelques années...

    l'origine n'est donc pas encore retrouvée mais certainement plus ancienne.

     


    On a déterminé 3 sortes de signes dans les textes anciens :


    - les pictogrammes, seuls ou en combinaison pour représenter une chose ou une idée,
    - les phonogrammes, qui expriment un son,


    - les déterminatifs qui aident le lecteur pour la compréhension du texte, en classifiant les 2 sortes de signes précédentes.



    Le sens de lecture de l'écriture hiéroglyphique, un cas particulier...


    De manière générale les hiéroglyphes se lisent de droite à gauche sur un papyrus...
    Sur les murs d'un temple le sens de lecture est indiqué par les figures intégrées dans les hiéroglyphes.

    Par exemple, si les figures sont tournées vers la gauche, alors le texte se lit de gauche à droite...


    Tout cela paraît relativement simple, sauf que...

     

    parfois sur un temple le sens de lecture peut être "inversé" par la présence d'une statue divine à proximité du texte. Dans ce cas, même si les figures regardent vers la divinité le sens de lecture peut être inversé...



    L'écriture cursive


    Parallèlement aux hiéroglyphes un autre type d'écriture apparaît en Egypte : l'écriture cursive (ou hiératique). Plus simple et moins travaillée, cette écriture permet de rédiger plus rapidement des textes.

    Elle comporte toutefois, comme les hiérogyphes, des idéogrammes, des phonogrammes et des déterminatifs.


    En 650 avant J-C une autre écriture cursive se développe, encore plus simplifiée :

    l'écriture démotique. Cette nouvelle forme d'écriture n'est plus réservée aux scribes et sa "simplicité" va lui permettre de s'étendre à d'autres couches de la population...

     

    Hiéroglyphes - papyrus - Abusir - 2360 avant JC Ecriture cursive Egypte Ecriture démotique - Egypte
    Hiéroglyphes - Abusir
    Comptes du temple sur papyrus
    2360 avant J-C
    Ecriture cursive (ou hiératique)
    extrait du Livre des Morts
    Paris BNF
    Ecriture démotique - Acte de location
    Thèbes - 534 avant J.-C.
    (Musée du Louvre).

      

    Première écritures en Crète (et en Grèce)

    - 4000 ans BP premières écriture crétoise


    C'est à cette époque que se développe l'écriture en Crète et probablement en Grèce continentale. C'est particulièrement dans l'ancienne cité de Knossos que des inscriptions sur des tablettes d'argile ou gravées dans la pierre ont été retrouvées en 1900. On dénombre 3 sortes d'écriture :


    - le linéaire B, le plus ancien (- 2000 ans avant J-C) est composé de 200 signes syllabaires (formés de syllabes).

     

    On suppose qu'il traduit une forme ancienne du grec. L'écriture a été déchiffrée en 1952.
    - le linéaire A, ( - 1750 à - 1450 ans avant J-C) formé de signes stylisés dont la signification n'a pas pu encore être retrouvée.


    - le disque de Phaïstos (- 700 ans avant J-C) qui présente sur ses 2 faces 45 signes figuratifs. C'est un unicum, c'est-à-dire que cette écriture a seulement été retrouvée sur ce disque. Elle reste incompréhensible et sa véracité a souvent été mise en doute.

     

     

    Linéaire B - Crête Le disque de Phaistos Linéaire A - Crête
    Linéaire B - Crète
    Tablette d'argile de Mycènes

    Disque de Phaïtos - Crète
    Unicum - non déchiffré à ce jour
    Linéaire A - Crète
    Toujours non déchiffré à ce jour.

     

     

    La Chine : premiers écrits

    - 4000 BP les traces d'écriture en Chine.


    La seule écriture qui est presque restée identique depuis 6 000 ans. Les premiers pictogrammes étaient tracés à l'encre de Chine avec une plume sur de la soie. Les méthodes ont changé mais les signes légèrement modifiés sont encore utilisés actuellement. Ils se sont stylisés au fur et à mesure que leur utilisation se répandait, mais plus dans un soucis de rapidité d'écriture.


    On a dénombré plus de 4 500 graphies sur des documents datant de - 1 100 avant J-C... Les idéogrammes peuvent se décliner de quatre manières différentes :


    - les images simples : elles sont la représentation stylisée de l'objet
    - les symboles, qui représentent plutôt une idée, un concept
    - les agrégats logiques : plusieurs caractères agglomérés qui forment un nouveau mot
    - les complexes phoniques : deux éléments graphiques associent le sens et la prononciation d'un mot.

    Particularité de l'écriture chinoise : les combinaisons de caractères sont assez étonnantes.

    Par exemple si on ajoute au caractère "oreille" le caractère "dragon" on obtient un caractère composé qui signifie "sourd"...


    Tout aussi étonnant, un même son prononcé peut, suivant la calligraphie, signifier des choses totalement différentes...

     

     

    Idéogrammes chinois Ancien chinois - ecriture Ecriture chinoise
    Idéogrammes chinois
    sur carapace de tortue
    XII siècle av. J.-C
    Idéogrammes chinois
    Dynastie des Shang
    (1765 – 1122 av. J-C)
    Recueil de frottis
    d’inscriptions sur bronze
    VIe siècle av. J.-C.

      


    Invention de l'alphabet

     



    Ecriture Cunéiforme Alphabétique (Ougarit)Un premier alphabet il y a 3400 ans ?


    Continuant à se répandre dans le monde, l'écriture va utiliser de nouvelles règles : c'est l'invention de l'alphabet.


    "L'alphabet se compose d'un ensemble conventionnel de signes écrits dont chacun correspond à un seul son parlé ;

    tous ces signes, dont le nombre est limité, sont susceptibles d'être disposés selon des combinaisons interchangeables de façon à former des diverses syllabes et les différents mots.

    L'écriture semble avoir été inventée vers 3400 BP à Ougarit...

     

    un port de commerce alors très actif, où on a découvert en 1928 une série de tablettes écrites à l'aide de 30 signes seulement, d'aspect cunéiformes, utilisés pour noter des sons et non plus des idées..."


    Claude-Louis Gallien (Homo, Histoire plurielle d'un genre singulier, puf)
    Image (Ecriture cunéiforme alphabétique - Ougarit - Musée du Louvre)


    Lexique :


    BP : Before Present - avant l'époque actuelle
    Cunéiforme : en forme de clou

    C.R.

     http://www.hominides.com/html/dossiers/ecriture-origine-

    naissance-premieres-ecritures.php

     

     

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    HISTOIRE DE L'ORTHOGRAPHE

     

    A - L'ALPHABET

     

    I - L'origine de l'alphabet

     

    1) L'écriture

     

    L'Histoire commence avec l'écriture ; auparavant, c'est la Préhistoire.

     

    Il existe encore des civilisations purement orales, mais toutes les langues modernes, évoluées, ont besoin d'être écrites, ce qui est le seul moyen pour que la culture non seulement se perpétue, mais se renouvelle et se développe.

     

    Les premières manifestations d'une forme d'écriture datent de plusieurs dizaines de milliers d'années avant notre ère, et les spécialistes parlent d'une pré-écriture en cette période préhistorique. N'imaginons pas pourtant des signes ressemblant aux nôtres. On trouve des incisions régulièrement espacées sur des os ou des pierres ; des motifs abstraits sur des coquilles d'oeufs d'autruche il y a 60 000 ans en Afrique du Sud ; des blocs d'ocre gravés dans le même pays, datés de -70 000 à -100 000 ans, etc. En fait, ces premières inscriptions correspondent à une sorte de code, et expriment des messages convenus (donc des phrases, quelle que soit la forme d'expression articulée correspondante) : J'ai tué un bison, ou C'est moi le plus fort, etc. On trouve aussi bien des cordes à noeuds (chez les Incas) ou des dessins figuratifs, comme chez les Esquimaux d'Alaska, ou les Iroquois. C'est un certain niveau d'abstraction déjà, mais on ne peut pas utiliser ce système pour faire des phrases à volonté. On parle alors d'écritures synthétiques.

     

    Le 2ème procédé, qui en découle, est dit analytique, ou idéographique. Des pictogrammes sont des dessins, qui prennent à l'usage et en se stylisant une valeur abstraite, et deviennent des idéogrammes. Leur association permet de constituer des phrases. On trouve des pictogrammes en Mésopotamie vers 3400 av JC, et des hiéroglyphes en Egypte vers 3200 av JC. Les hiéroglyphes présentent une nouveauté (comprise par Champollion) qui est l'association de pictogrammes et de signes phonétiques.

     

    L'écriture phonétique (ou phonologique) témoigne d'une prise de conscience plus poussée de la nature de la langue parlée ; elle suppose un décorticage fin du langage oral, jusqu'à reconnaître et isoler les phonèmes fondamentaux (en petit nombre), ce qui suppose un niveau d'abstraction supplémentaire. Le phonogramme n'a plus aucun contenu sémantique.

     

    2) L'alphabet

     

    Les premiers alphabets phonétiques de l'Antiquité notent des syllabes, ce qui est beaucoup moins souple que la notation des phonèmes. Ex : les systèmes syllabiques cypriotes (Chypre) et crétois. Ils ont été utilisés du XXème siècle avant JC au VIIIème, toujours avant JC.

     

    L'écriture assyro-babylonienne en caractères cunéiformes contenait un syllabaire de 500 signes (cunéiforme = en forme de coin, cuneus ; l'écriture des Assyriens, des Mèdes, des Perses était formée de signes en forme de fer de lance ou de clou diversement combinés ; le tracé simple, géométrique, était facile à graver).

     

    Puis viennent les alphabets consonantiques. Le 1er exemple en est l'alphabet phénicien, vers 1100 av JC, un alphabet de 22 consonnes sans doute élaboré dans la cité phénicienne de Byblos (inscriptions sur le tombeau d'un roi). Les mots étaient formés pour la plupart de 3 sons consonantiques, le timbre des voyelles étant imposé par le rôle du mot dans la phrase. Les Phéniciens ont diffusé leur alphabet dans tout le bassin méditerranéen : au VIIIème siècle (av JC) à Chypre et à Carthage, puis en Afrique du Nord, en Espagne... (colonisations puniques) ; il influencera l'alphabet arabe. On connaît des alphabets " cousins " à l'époque (IXème), comme l'écriture paléo-hébraïque, qui marque des consonnes faibles (matres lectionis), indiquant approximativement la voyelle qu'il faut lire entre 2 consonnes. Élaboré à partir du phénicien au IXème siècle, l'alphabet araméen (Syrie) aura une grande descendance, concernant les alphabets hébreu, arabe, et même en Asie : les écritures mongoles et mandchoue bien plus tard.

     

     

     

     

    L'alphabet grec est le premier à noter aussi les voyelles.

    Il est attesté au VIIIème siècle, mais a dû être élaboré peu avant l'an 900 av JC. Les grecs se sont servis des mêmes signes que les phéniciens pour noter les consonnes qu'ils possédaient en commun, et ont adapté à leur usage les autres signes qui ne leur correspondaient pas, pour noter les voyelles. Ex : une consonne dite aleph (nom aussi de la 1ère lettre de l'alphabet hébreu), exprimée du fond de la gorge, pour transcrire alpha (a, A)

     

    L'alphabet grec a servi de modèle à tous les autres alphabets qui existent encore actuellement, comme les alphabets latin et cyrillique.

     

    Le mot alphabet est formé à partir des 2 premières lettres grecques : alpha, bêta > alphabetum en latin.

     

     

      

    II - L'alphabet latin

     

    1) Origine

     

    Ce sont les Étrusques, entrés en contact avec les Hellènes, qui tirent vers 700 av JC un alphabet qui servira à toutes les écritures de l'Italie, et sera répandu par les Romains dans le monde méditerranéen.

     

    • L'alphabet latin conserve le début du nom des lettres grecques : alpha > a ; bêta > b... (avec é [e] avant ou après la consonne : bé / el (lambda)
    • Abandon des signes exprimant des consonnes aspirées n'existant pas en latin, transformation de certains signes
    • Création d'une nouvelle lettre : G pour le phonème [g] ; sinon, c'était la lettre C, qui venait de gamma (les Étrusques n'étaient pas sensibles à l'opposition sourde / sonore, mais à la voyelle qui suivait > ce / ka / qu => 3 consonnes qui pour nous se répètent)
    • Reprise des lettres grecques Y et Z au Ier siècle avant JC pour des mots d'origine grecque. Le Z d'abord, jugé doux par certains, mais barbare par d'autres, parce qu'il s'accompagne d'un rictus et " imite les dents d'un mort " !... Le Y (upsilon) était prononcé u [y] en grec, mais i en latin, d'où son nom de i grec. Il passera en français avec la même valeu

      

     

    => 23 lettres

     

    2) En français

     

    Au XVIème siècle, Robert Estienne compte 22 lettres, soit l'alphabet latin, sans le K (donc, en fait, 23). N'existent pas : J, V, W, pas plus que les accents, le tréma, la cédille, + peu de signes de ponctuation.

     

    En 1542, le grammairien Meigret propose d'allonger le i pour distinguer i et j correspondant à 2 sons différents. On écrivait alors iurer pour jurer.

     

    En 1548, Ervé Fayard a l'idée de distinguer u et v (ce dernier écrit comme une petite majuscule). On écrivait alors uiande pour viande ; Louis = (C)lovis.

     

    Ce n'est qu'en 1762 (4ème édition de son dictionnaire) que l'Académie a séparé i de j et u de v ; jusque là, les lettres étaient utilisées sans distinction, et seule la place dans le mot indiquait la prononciation. Les imprimeurs pourtant faisaient souvent la distinction au XVIème siècle, mais l'usage manuscrit restait archaïque au XVIIème.

     

    Le W a eu un sort contradictoire. Il était utilisé au Moyen Âge, après la réforme carolingienne, comme le Y. On l'utilisait dans les manuscrits picards, wallons, lorrains, + anglo-normands en Grande Bretagne. Il a été créé par redoublement du V, pour noter la semi-consonne germanique [w]. Pourtant, il est entré difficilement dans l'usage général, et les premières éditions du dictionnaire de l'Académie ne citent aucun mot en W, quoique dans l'usage on trouvât imprimé un double v, souvent graphié Uv au XVIIème. Les mots en W n'ont été isolés dans le dictionnaire qu'en 1878, la lettre étant encore définie comme étrangère. Le Robert, en 1964, est le premier à déclarer que le W est la 23ème lettre française.

     

    Les copistes du Moyen Âge ont eu l'idée d'utiliser les signes imprécis pour noter des sons nouveaux, en faisant des combinaisons de lettres ; par exemple, dans le Midi, lh et nh pour transcrire le l et le n dits mouillés (palatalisés) ; sont restés ch (= tch [t.] d'abord) et gn.

     

    La cédille du ç a été prise à l'espagnol (cedilla = petit c) en 1529, par un imprimeur. Auparavant, on écrivait parfois cz ou ce : faczon / il receoit.

     

    L'apostrophe a été empruntée au grec en 1532.

     

    En Ancien Français, x = us / z = ts.

     

     

    B - L'ORTHOGRAPHE

     

    I - Le Moyen Âge

     

    Le but des scribes au Moyen Âge n'est pas de faire des effets, mais de transcrire ce qui était dit, de restituer une prononciation ; aux XIIème - XIIIème siècles encore, l'écriture est une sorte d'aide-mémoire, plus ou moins instable, à usage individuel ou restreint, dans une civilisation essentiellement orale. C'est à l'époque une orthographe pure, mais pauvre. [dixit Nina Catach, Langue Française n° 20] Une orthographe que l'on peut considérer comme phonologique, mais avec des insuffisances et des contradictions.

     

    La langue a évolué depuis le latin (le latin classique était phonétique), et l'alphabet latin ne suffisait plus. Quelques exemples ; les mots cités ci-après viennent des Serments de Strasbourg :

     

    • plusieurs lettres pour un même son : c / k / qu = [k], comme aujourd'hui : commun, cosa / Karlo / quant [kwãt] (devant a, o, u)
    • une lettre, plusieurs sons : c + e, i (= ts, puis s au XIIIème) / c + a, o, u : cosa / cist [tsist]
    • . même résultat à propos des sons nouveaux qui sont apparus, une même lettre transcrit une voyelle ou une consonne ou semi-consonne, selon sa position : u = u / v / w, i = i / j / [j]
    • le u peut même noter plusieurs voyelles [o / u / y]
    • à l'inverse, plusieurs voyelles pour le même son : Karlo / Karle, fradra / fradre

     

    On prononce différemment selon les régions, et chaque scribe transcrit le même texte selon sa prononciation, ex : lieu / liu

     

    • les graphies ne sont pas partout les mêmes pour les sons complexes ; ex : pour le n " mouillé ", gn (comme aujourd'hui), ou ign (montaneam > montaigne [prononcé montagne], oignon, poigne, moignon), voire ing en fin de mot (ling = ligne), mais nh dans le midi ; en Auvergne, gh transcrivait dj (comme ch transcrivait tch), mais en Picardie, gh correspondait à gu devant e : Gherard (= Guérard, et non Gérard).
    • pour le l " mouillé " qui est devenu yod [j], on trouve, encore aujourd'hui, ill / il / ll / illi ; mais on avait lh dans le midi
    • Les scribes utilisent des abréviations, comme & (@?) ; + nous l'avons dit, x = us, z = ts ; des traits au-dessus ou en-dessous des lettres qui sont des codes pour abréger ; ils collent des mots : sisaluaraieo = si saluarai eo (Serments de Strasbourg)...

     

    L'évolution du latin au français, par simplification, aboutit à des homonymes :

     

    • viridis > vers / versus > vers / vermis > vers
    • à ces homonymes s'ajoutent des homographes (non homophones) dus à l'insuffisance de l'alphabet : uile = uile / vile (huile / ville)

     

    Le français s'est éloigné de plus en plus des autres langues romanes, qui sont restées plus proches du latin. Par exemple, les mots qui ont donné cinq, saint, sain, sein, seing, ceint, ne sont pas devenus homophones dans les autres langues romanes, mais le sont devenus en français ; homophones, et totalement homonymes tant qu'on écrit phonétiquement.

     

     

    II - Le moyen français

     

    Le français du XIIIème siècle s'est déjà profondément modifié, sur tous les plans : phonétique (avec un raccourcissement de tous les mots), morphologique (simplifications des désinences), syntaxique (ex : l'ordre des mots), lexical (enrichissement du vocabulaire). Mais l'orthographe se fige alors que la prononciation continue d'évoluer. Du XIIIème au XVIème siècle, nombre de tentatives auront lieu pour modifier l'orthographe des mots, particulièrement à la Renaissance. Les grammairiens ou les poètes y joueront un rôle important, mais aussi les imprimeurs.

     

    L'amélioration de l'alphabet au XVIème, nous l'avons signalé dans la partie précédente.

     

    L'utilisation de lettres destinées à améliorer la lisibilité :

     

    • h : huile (< oleum), distingué de ville (ils étaient homographes) ; idem : huis (ostium), huit (octo), huistre (ostreum), pour signaler que le u initial était voyelle.
    • y : à la finale, parce qu'il est plus lisible (idem, l'adverbe y), littera legibilior
    • on écrit l'article ung pour le distinguer du nombre 7 (VII, uii)
    • mout > moult (étymologie multum) abrégé mlt, parce que le l est plus visible

     

    => on utilise les consonnes latines les plus faciles à repérer.

     

    Le recours systématique à l'étymologie, qui donne une identité aux mots, et / ou permet de les distinguer de leurs homophones :

     

    • vin / vingt (viginti) cor / corps (corpus) temps (tempus) / tant (tantum)
    • + confusions évitées dans l'écriture manuscrite : lou > loup / l'on donter > dompter / douter
    • debvoir (debere) faict (factum) homme (homo)
    • des lettres non étymologiques, mais permettant de distinguer les homonymes : on avait 3 mots pois, Robert Estienne a proposé d'écrire des pois / un poids / de la poix
    • Des erreurs se sont produites, car l'étymologie n'était pas une science bien précise :

     

    six < sex, mais dix < decem poids < pensum (et non pondum)

     

    legs vient de laisser, non de léguer ; sceau vient de sigillum, sans c (admis ensuite par l'Académie)

     

    • L'étymologie permet aussi de rapprocher les mots de leur famille : grant > grand +grande, grandeur
    • Ces corrections unificatrices sont à rapprocher des modifications lexicales, avec utilisation de préfixes et suffixes identiques tirés du latin, ce qui tend à donner une unité à la langue.

     

    Ces modifications sont essentiellement consonantiques : par addition de consonnes ; mais ce sont des lettres muettes ; leur utilité est visuelle, elle est logogrammique, l'orthographe prend un aspect idéographique, donc non phonétique.

     

    Le recours aux accents, dans le même but logogrammique : le verbe avoir a été écrit il ha, avant qu'on mette un accent grave sur la préposition. Tous les accents graves sur des lettres autres que e ont ce même but (à, où, là)

     

    Les consonnes doubles :

     

    • les consonnes nasales doubles nn et mm sont des graphies historiques ; elles correspondent à une prononciation : voyelle nasalisée + consonne nasale (une année [ãne], un homme [õm], une femme [fãm], la grammaire [gRãmeR], cf Les Femmes savantes). La voyelle, nasalisée au XIème, s'est ensuite dénasalisée, aux XVIème - XVIIème, le plus tardivement pour le on [õ]. On a donc d'abord écrit an pour [ã] + 2ème consonne n. On n'a pas de consonnes nasales doubles après u et i (une cuisine) car ces voyelles se sont dénasalisées très tôt.
    • Les autres consonnes doubles ont en général servi à marquer la prononciation, comme celle du è ouvert, donc l'usage de consonnes additives pour marquer des voyelles nouvelles (E / O) ; mais ce procédé entrera en concurrence avec l'accent grave.

     

    Toutes ces modifications sont dues à des spécialistes de la langue, comme Meigret ou Robert Estienne, à des écrivains comme Ronsard (plus tard, Corneille), mais aussi à des utilisateurs particuliers de la langue écrite, les praticiens des écritures judiciaires ; et beaucoup aux imprimeurs, le plus important étant sans doute Geoffroy Tory au XVIème siècle (1480-1533), correcteur et premier imprimeur royal, principal réformateur de l'orthographe française à son époque. Ce sont les imprimeurs qui ont fait naître la notion d'orthographe en France, entre 1520 et 1530. Ils avaient un grand besoin de règles unificatrices, de même que les rédacteurs judiciaires (pour que les lois ou les jugements soient compris partout).

     

    • Pour être précis, il y a eu deux tendances successives et plus ou moins contradictoires. La première est liée aux impératifs de l'écriture manuelle. On a étoffé les mots pour les rendre plus lisibles et reconnaissables, en particulier les monosyllabes, qui étaient devenus nombreux suite à l'évolution phonétique. On trouve là l'action des scribes de l'administration royale. Leur orthographe était la plus adaptée avant l'invention de l'imprimerie.
    • Les imprimeurs, eux, avaient un grand besoin de clarté. Par rapport à ce que l'on peut appeler des " gribouillis " en écriture gothique ou bâtarde (gothique / caroline), les imprimeurs ont voulu des mots bien séparés, et ont préféré un système de voyelles accentuées plutôt qu'une addition de consonnes ; mais cette orthographe plus facile à lire a mis plus de deux siècles à s'imposer, suite aux lourdeurs et résistances dans un pays très centralisé politiquement, et où la langue était soumise à l'influence des lettrés et des pédants.

     

    Exemple d'orthographe "moyenne" à la Renaissance :

     

     

    Si iamais rochers et bois
    Ma force dans soy sentirent
    Si sous ma vois, sous mes dois
    S'arrachans ils me suiuirent,
    Suiués rochers, et auecq'vostre Orphee
    Admirés moy d'vn grand Roy le Trophee...
    (E. Jodelle, 1558)

     

     

    III - L'époque classique (XVIIème-XVIIIème)

     

    Le mouvement de simplification lancé par les imprimeurs au XVIème siècle (appuyés par des auteurs comme Ronsard) échoue en grande partie ; l'une des raisons principales est que les gens trop en avance ont été soupçonnés de protestantisme, et ont dû s'expatrier (ex : en Hollande) ; ne sont donc restés que ceux qui étaient au service de la monarchie, et qui ont perpétué la tradition.

     

    Le principe au XVIIème siècle est qu'on ne doit pas changer les habitudes établies. A la fin du siècle, l'académicien Mézeray écrit encore, dans un projet pour le Dictionnaire de l'Académie de 1694 :

     

     

      

    La Compagnie declare qu'elle desire suiure l'ancienne orthographe qui distingue les gents de lettres davec les ignorants et les simples femmes, et qu'il faut la maintenir par tout, hormis dans les mots ou un long et constant usage en aura introduit une contraire.

     

    Cependant, la " nouvelle orthographe " (simplifiée, celle des imprimeurs) continuait à vivre, en province, et dans certains milieux, comme le montre le dictionnaire de Richelet en 1680, qui simplifie des consonnes doubles, supprime des lettres qui avaient été rajoutées (y compris des lettres grecques), compensant ce manque par l'emploi de l'accent aigu, et partiellement de l'accent grave, etc. ; il écrit batême, ateindre, mistère... Corneille aussi, en 1663, se prononce en faveur de l'accent grave, du s au lieu du z comme signe du pluriel, utilise le j et le v (adoptés par l'Académie). La concurrence des imprimeurs hollandais fait un peu évoluer les imprimeurs français.

     

    Au XVIIIème siècle, de grands changements ont lieu à partir de 1740, quand les philosophes entrent à l'Académie. Plus du quart du vocabulaire est transformé et modernisé, par suppression de lettres inutiles (h : autheur > auteur, authorité > autorité), des consonnes muettes (adjouster > ajouter, adveu > aveu, debvoir > devoir), malgré quelques oublis (sculpteur, baptême), remplacement du es interne marquant la prononciation par ê (estre > être) ; en 1762 (seulement !), mise en place de l'accent grave. Voltaire fait adopter l'orthographe ai au lieu de oi (françois, anglois), fait corriger les formes verbales j'estois, je feroi, je finirois, etc.

     

    IV - L'époque moderne

     

    Par la suite, l'oeuvre des philosophes ne se poursuivra pas sous Napoléon ; à la Restauration, l'Académie ne cherchera qu'à survivre ; les éditions du Dictionnaire qui suivront marqueront même des retours en arrière. C'est en 1835 que l'Académie adopte définitivement la position de Voltaire sur le remplacement de oi par ai, et quelques autres modifications (des enfans > des enfants, des parens > des parents ; le Journal des Savans). L'Académie Française fait autorité ensuite au XIXème siècle, mais la fin du siècle voit naître le Littré et les grands dictionnaires Larousse.

     

    Au XXème siècle, les propositions de l'arrêté de 1901 ne seront jamais appliquées (rôle de la guerre sans doute, entre autres). En 1935, d'autres directives, très timides, sont quasiment sans effet. Des arrêtés de 1977 ont été proprement escamotés. L'Académie perd son prestige, son dictionnaire est dominé par ceux des éditeurs (Larousse ; Robert en 1964).

     

    La dernière réforme date de 1990. Elle n'a pratiquement jamais été diffusée. Pourtant, peu à peu, les dictionnaires enregistrent de nouvelles graphies d'une édition à l'autre (plus de 1500 rectifications dans le Petit Robert de 1993). Cette réforme est très mesurée et pleine de bon sens :

     

    Remplacement de certains traits d'union par la soudure, en particulier dans les mots composés étrangers : portemonnaie, weekend.

    Simplification du pluriel de certains mots composés : des pèse-lettres.

    Pour l'accent grave sur e : application de la règle générale aux verbes en -eler et -eter ou du type céder, ainsi qu'aux formes interrogatives (je) : j'allègerai, il ruissèle, puissè-je... (exceptions pour appeler et jeter)

    L'accent circonflexe est facultatif sur i et u, sauf dans les conjugaisons (passé simple et subjonctif) et dans quelques monosyllabes où il joue un rôle distinctif : mur / mûr.

    Le tréma est placé sur la voyelle qui doit être prononcée : aigüe, argüer, gageüre.

    Pour les mots empruntés, l'accentuation et le pluriel suivront la règle des mots français : des imprésarios, des jazzmans, des maximums.

    Rectification d'anomalies : boursouffler (comme souffler), charriot (comme charrette), joailler, interpeler, dentelière...

    Le participe passé du verbe laisser suivi d'un infinitif est invariable : je les ai laissé partir.

     

    V - État actuel de l'orthographe française

     

    1) Inadaptation de notre alphabet

     

    • un graphème peut représenter plusieurs phonèmes, ou être muet : s, c, e...
    • un phonème peut s'exprimer par des graphèmes différents : [s] s / ss / c / ç / sc / t
    • des phonèmes s'expriment par des graphies complexes, digrammes ou trigrammes : au, eau, ch.... mauvaise interprétation d'une suite complexe de graphèmes : gageure (gageüre), oignon, poigne...

     

    2) Archaïsmes

     

    L'orthographe s'est figée selon une prononciation ancienne, elle est donc alors historique :

     

    • oi = /oy/ (o + semi-consonne) au XIIème, mais [wa] étendu partout à partir de la Révolution.
    • ou = "o-ou" au XIIème, mais [u] aujourd'hui
    • eau = ancienne triphtongue > [o] ; idem : faon (amuïssement du o)
    • la consonne nasale double marque une ancienne nasalisation de la voyelle précédente

     

    Corrections étymologiques :

     

    • prononciation de consonnes muettes : subtil, admonester (amonéter), absoudre, rédemption, sculpter, dompter
    • contradictions : coq / porc, arc / jonc
    • consonnes finales prononcées pour des mots empruntés (sinon, muettes) : cactus, baobab, gaz, grog

     

    3) Influence des mots savants

     

    • gn [gn] : diagnostic, stagnant (prononciation disparue depuis le XIIème) ; à noter que dans magnétisme, c'est la prononciation populaire qui a prévalu
    • qu [kw] : aquatique [akwatic] (au XVIIème : [aka]), quadrature... ; hésitations pour quadrupède, quadrupler...
    • ch : = "ch" dans les mots anciens / [k] dans les mots récents : architecte, bronchite / archéologie, lichen

     

    4) Contradictions (courantes)

     

    • accents : événement, crémerie (é prononcé è)
    • consonnes géminées : siffler / persifler, charrue / chariot, imbécile / imbécillité, savonner / époumoner
    • traits d'union : tout à fait / c'est-à-dire, portefeuille / porte-monnaie
    • dérivés : blocage / truquage, fatigant (adj) / en se fatiguant
    • prononciation des mots empruntés : crooner = "crounère" ? "crouneur" ? (supporter, reporter = "ère") discount = "discounte" ? "discaounte" ?

     

     

     

    C - LES ACCENTS
    et signes diacritiques

     

    Les dignes diacritiques sont les signes qui se placent au-dessus ou au-dessous des lettres de l'alphabet pour indiquer une valeur phonétique différente. Il s'agit des accents, du tréma, de la cédille ; le tilde ~ n'est plus utilisé en français, il l'est dans d'autres langues : en espagnol, cañon ; doña Sol, chez Victor Hugo (Hernani) ; en portugais, la voyelle ã est nasalisée : sertão [seRtãw].

     

    En moyen français, les consonnes muettes rajoutées pour marquer la prononciation des voyelles sont des lettres diacritiques.

     

    Les accents ont pour origine ce qu'on appelle les esprits grecs. Un esprit est une aspiration ; le grec avait l'esprit doux, qui s'écrit comme notre accent aigu, et l'esprit rude, qui correspond à notre accent grave. Les esprits grecs se plaçaient surtout sur la voyelle initiale des mots, l'esprit rude servant à signaler que la voyelle était aspirée (ce qu'on transcrit en français par un h), et l'esprit doux marquant que la voyelle n'était pas aspirée.

     

    Au IVème siècle, les accents ont commencé à être repris pour écrire le latin tardif, mais dans un usage détourné, surtout pour éviter la confusion entre les homographes. C'est en ce sens qu'ils ont été repris par les copistes du Moyen Âge dans leurs manuscrits : par exemple, pour la préposition à, pour la distinguer non du verbe avoir, mais du mot qui la suivait, car les mots n'étaient pas séparés.

     

    Jusqu'au XIXème siècle, l'Académie (et certains auteurs) a écrit avec un accent grave sur la préposition (non française) dans certaines expressions latines : à priori, à posteriori, à minimà, ainsi que suprà, infrà. L'accent circonflexe sur le a final servait, jusqu'au XIXème encore, à distinguer l'ablatif du nominatif -a.

     

    Les accents ont donc été utilisés en français d'abord comme signes de distinction, puis comme marques des différentes voyelles phonétiques. En 1530, Robert Estienne a introduit le é pour distinguer deux voyelles différentes à la finale, comme aise / aisé.

     

    Notre accentuation est souvent défectueuse, car elle a été introduite tardivement, et a été précédée par des procédés empiriques parfois maintenus longtemps de manière artificielle. Par exemple, le doublement de la consonne suivante pour marquer le e ouvert (j'appelle, mais je pèle) ; on garde toujours des mots sans accents grâce à une consonne finale muette, avec e fermé : clef, nez, chez, ou l'infinitif aimer, la 2ème personne du pluriel vous aimez ; avec e ouvert : cadet (aujourd'hui, e fermé) ; ou bien e ouvert suivi d'une consonne finale non muette : ciel.

     

    I - L'accent aigu

     

    C'est l'accent le plus utilisé aujourd'hui ; exemple : hétérogénéité. Introduit donc en 1530 par Robert Estienne. Il se place exclusivement sur la lettre e, pour marquer une prononciation. En principe, celle du [e] fermé. Ainsi, le [e] final : la bonté, un musée, elle a été créée. Son utilisation est le plus souvent logique.

     

    Il correspond pourtant à e ouvert dans quelques mots, et l'orthographe a été maintenue en dépit de la prononciation : événement, allégement, réglementer (règle, règlement), crémerie, sécheresse ; les verbes au futur et conditionnel, comme je céderai / céderais (faits sur l'infinitif) ; les tournures verbales inversées comme "...osé-je lui dire,..." (c'est un présent). Des arrêtés de 1977, confirmés par la réforme de 1990, recommandent d'écrire avec accent grave pour se conformer à la prononciation.

     

    Historiquement, l'accent aigu a servi couramment à noter le e ouvert final jusqu'au XVIIème siècle : aprés, dés que, succés... La ville de Liège ne s'écrit plus Liége depuis 1946.

     

    L'accent aigu pose quelques problèmes dans des familles de mots, quand il n'existe pas dans la base mais apparaît dans un dérivé :

     

    concret > concrétiser, discret > discrétion, remède > irrémédiable, reproche > irréprochable, serein > sérénité, tutelle > tutélaire

     

    II - L'accent grave

     

    Introduit au XVIème siècle aussi, il est resté d'un emploi limité et incertain : Jacobus Sylvius, médecin et grammairien, l'a utilisé en 1532 pour marquer le e sourd : gracè, vestèment. Il s'utilise sur toutes les voyelles (sauf y), pour des usages différents.

     

    1) Emploi logogrammique

     

    Sur les voyelles autre que e.

     

    Il sert à distinguer les homographes : à / a, où / ou, çà (adv de lieu) / ça (pronom démonstratif), (adv) / la (article, pronom personnel) + voilà (vois là, voyez là [veez]), mais cela (inutile). Cet emploi a été systématisé par Ronsard.

     

    2) Emploi phonogrammique

     

    Sur la voyelle écrite e.

     

    Il sert à marquer la prononciation du [e] ouvert, concurrencé en cela par les orthographes en ai. C'est Corneille qui a eu le premier l'idée de distinguer par des accents différents le e ouvert du e fermé. L'accent grave s'est généralisé lentement dans l'usage qui lui est propre : nous l'avons dit précédemment, il n'a été mis en place par l'Académie qu'en 1762 ; c'est même seulement en 1878 que l'Académie écrit enfin sève, piège, siège.

     

    • Il est utilisé devant syllabe muette, consonne + e sourd : siège, poète
    • Devant s final non prononcé (sauf celui du pluriel) : accès, excès, succès, procès
    • Il reste dans des dérivés quand, à l'intérieur des mots, le e sourd n'est pas vraiment muet : espiègle > espièglerie (mais il reste des archaïsmes comme événement).

     

    III - L'accent circonflexe

     

    Sur toutes les voyelles, sauf le y.

     

    Il a été aussi appelé chevron (usage attesté par Littré). Il a été introduit en 1532 par Jacobus Sylvius, qui s'en servait pour marquer des diphtongues : les boîs. Certains, peu après, l'utilisèrent pour marquer la chute d'un e à l'intérieur d'un mot : vrai^ment, il pai^ra. En 1618, il a commencé à servir pour marquer la suppression d'un s : tôt, toûjours, soûtenir, plûtôt... ; cet emploi a été adopté en 1740 par l'Académie, qui en a supprimé quelques uns en 1762 : vû, reçû > vu, reçu.

     

    Il possède au total plusieurs usages avec des valeurs historiques variées :

     

    Pour indiquer la présence d'un s amuï (depuis 1740 donc) :

     

    bestia > bête, castellum > château, insula > île, testa > tête, fenestra > fenêtre, forestissilva forestis = "forêt en dehors [foris] de l'enclos") > forêt,

     

    augustus (= mois d'Auguste) > août, crispus (adj = "frisé") > crêpe

     

    • Il a d'ailleurs été mis parfois à tort : extrême, suprême (influence de blême ?), frêle [fragilis] (influence de grêle ?)
    • Il aurait pu se trouver dans deuxiesme > deuxième

     

    Pour indiquer l'amuïssement d'une voyelle en hiatus :

     

    eage ou aage > âge (< °aetaticum ; aetas, aetatem > éé, aé > disparu, trop court)

     

    traïtre > traître (adapté d'après trahir, du latin traditor)

     

    saoul > soûlsatullus), meür > mûr (< maturus)

     

    Ou une syllabe disparue :

     

    aneme > âme (anima), Rhodne > Rhône (Rhodanus)

     

    Il se place sur certains adverbes en -ment, où l'on n'a pas le e muet de l'adjectif au féminin : crûment, assidûment, goulûment, indûment ; idem gaîment / gaiement ; mais on écrit absolument, éperdument

     

    Valeurs phonogrammiques :

     

    • Sur le e, quelle que soit l'origine, il correspond à e ouvert [e] : bête, fête, forêt
    • Sur le a, il marque normalement le a postérieur, plus ouvert et plus long [a], voyelle tonique : pâle, grâce, pâte, mâle, infâme + le subjonctif Il eût fallu que Toto mangeât sa soupe
    • Sur le o, c'est un o fermé, long, tonique, particulièrement dans les mots empruntés au grec, où il correspond à omega v : cône, symptôme, diplôme / mais axiome, zone (Apollinaire écrit zône) ; de même pôle (gr polos > lat polus) ; o long aussi sur des mots d'origine latine comme geôle (cavea = "cage" > °caveola > jaiole, XIIème), rôlerotulus = "parchemin roulé", de rota = "roue"), chômer (caumare, du grec kauma = "forte chaleur", d'où calme, le calme de la mer par temps très chaud)
    • C'est depuis le XVIIIème que l'accent circonflexe a ce rôle phonogrammique de noter une voyelle tonique longue.

     

    Valeur logogrammique : il distingue des homophones (ou quasi homophones), qui seraient homonymes complets si l'on ne mettait pas l'accent :

     

    tache / tâche, jeune / jeûne, chasse / châsse, bailler / bâiller, roder / rôder, cote / côte, matin / mâtin, mur / mûr + notre, votre / le nôtre, le vôtre

     

    En conjugaison, il distingue le passé simple du subjonctif imparfait, à la 3ème personne : il eut / qu'il eût

     

    Il y a aussi des origines analogiques, comme voûte, d'après croûte ; ou les passés simples, pour lesquels la 1ère personne du pluriel nous chantâmes, nous fûmes, a été refaite sur la 2ème vous chantâtes, vous fûtes

     

    On peut parler aussi d'un accent de majesté sur des mots où il correspond à une certaine utilisation, en fonction du sens, comme grâce, suprême.

     

    Comme on peut le constater, certaines valeurs s'ajoutent, se superposent, comme une origine historique et une valeur phonogrammique, voire un accent de majesté (grâce).

     

    Les irrégularités sont nombreuses. L'accent de la base peut disparaître ou changer sur les dérivés :

     

    bête / bétail, extrême / extrémité, cône / conique, fantôme / fantomatique, infâme / infamie, pôle / polaire...

     

    III - Le tréma

     

    Sur e, i, u.

     

    Il a été introduit en 1532 par Jacobus Sylvius, notamment sur i et u voyelles pour les distinguer de i et u consonnes ; celles-ci seront ensuite remplacées par j et v. On a écrit : On les loüe (La Fontaine) - Sur l'oüate molle (Boileau) - L'ïod (Turgot, dans l'Encyclopédie) [yod]. On trouve encore Montparnasse-Bienvenüe, station de métro à Paris.

     

    Le tréma sert à marquer une disjonction, un hiatus, entre 2 voyelles successives, pour montrer qu'on n'a pas affaire à un digramme ni à une suite semi-consonne + voyelle :

     

    haïr ['aiR . eR]] héroïsme [eRoism] (comparer : roi [Rwa])

     

    coïncidence (comp : coin), amuï (comp : nuit), maïs (comp : mais)

     

    • Il est concurrencé par le h : envahir, trahir, cohue
    • Quand la voyelle est un e [e / e], on met plutôt un accent. En 1878, l'Académie a remplacé le tréma par un accent dans poëme, poësie > poème, poésie. Mais nous gardons toujours Noël.

     

    Il sert à marquer que la voyelle u a sa valeur propre derrière un g ; on le place alors sur la voyelle qui suit, particulièrement le e du féminin : aiguë, ambiguë, l'ambiguïté, la ciguë. La dernière réforme de l'orthographe recommande de le placer plutôt sur le u : aigüe.

     

    . Dans la même optique (nouvelles recommandations), il pourrait servir à éviter une mauvaise prononciation en montrant que le u est prononcé dans une gageüre [-yR], argüer [aRgye].

     

    Dans quelques cas, il indique que le e ne joue aucun rôle phonologique : Mme de Staël, Saint-Saëns.

     

    Sur le i, il peut marquer le son yod semi-consonne [j] : aïeul, faïence, païen.

     

    • Dans cette situation, il a pu être remplacé par un y. Mais on a choisi plutôt le y quand la voyelle précédente a été modifiée par le yod, comme dans payer [peje].
    • On trouve pourtant des exceptions : cobaye, mayonnaise, papaye, coyote, goyave ; Bayeux, Mayence, Bayard. On remarquera qu'il y a là des noms propres, des dérivés de noms propres, ou des mots d'origine étrangère.
    • On peut hésiter sur thuya [tyja], bruyère, gruyère.

     

    Il reste des cas particuliers de mots d'origine étrangère, scandinave par exemple, avec un tréma sur a ou o.

     

    IV - Annexe : petite histoire des liaisons

     

    La liaison consiste à prononcer, éventuellement avec une altération (sonorisation ou assourdissement), une consonne finale muette lorsque le mot suivant commence par une voyelle. En linguistique, c'est une forme particulière de l'enchaînement, de la chaîne des sons, qui est propre à l'oral (alors que l'écrit détache les mots). Ex : les enfants sont arrivés sans encombre.

     

    La liaison est le reste d'un usage ancien, selon lequel les consonnes finales se prononçaient toutes ; c'est donc la persistance d'un ancien enchaînement. Des adjectifs comme long et grand s'écrivaient lonc et grant, conformément à leur prononciation, laquelle s'est maintenue dans la liaison (un grand homme) ; sang se disait [sãk] > qu'un sang impur abreuve...

     

    En Moyen Français, les consonnes finales sont disparues à la pause, du XIVème au XVIème siècle. Au XVIème, quasiment aucune consonne finale ne se prononce plus, sauf si elle est suivie par une voyelle, ou bien à la fin d'une phrase.

     

    Au XVIIème siècle, on réintroduit des consonnes finales, mais de manière assez anarchique ; il y aura un bon usage, différent de l'usage populaire, et avec des contradictions. Les infinitifs des verbes du 1er groupe ont conservé la prononciation [e], avec r muet, de même que les noms et adjectifs terminés par -er / -ier : rocher, cerisier. Dans les autres cas, le r a été restitué à des époques différentes. Au XVIIème siècle, Richelet disait tiroi pour tiroir ; un grammairien trouvait choquant de faire sonner le r final dans miroir, mouchoir ; il était distingué de prononcer mouri, couri, pour mourir, courir. On recommandait aussi de dire i faut pour il faut (Milleran, grammairien, fin XVIIème).

     

    Au XVIIIème, c'est devenu vulgaire, et un grammairien (Moulis, 1761) recommande qu'on se garde «de supprimer l'r, comme les bourgeois de Paris, et de dire dortoi, tiroi». Il y a eu même de fausses restitutions : à Paris, on disait au lieur de, pour au lieu de ; un grammairien commente : «cela sent un peu l'artisan et la boutique». Cette faute a disparu au XIXème. Pour le pronom personnel, la prononciation "pédante" il dit, ils sont, ils ont (avec l, et liaison) s'est généralisée depuis la Révolution sous l'influence de l'écriture.

     

    • Il s'est donc trouvé des hésitations comme les finales en -eur / -eux : boueux / éboueur ; monsieur [møsjø] ; les adjectifs en -eur comme menteur ont pris un féminin en -euse, par assimilation aux formes en -eux.
    • Le l final pour les noms : on a hésité sur la prononciation de baril, persil, péril (= péri au XIXème) ; cf terril, fusil.

     

    État actuel :

     

    Certaines consonnes finales sont toujours prononcées : un arc, une nef, un bac / le bac (abrév.)

     

    Des liaisons sont obligatoires pour marquer le pluriel : ils arrivent

     

    On lie un adjectif antéposé au nom qui le suit, mais rarement un nom à l'adjectif postposé : un grand homme, un petit enfant // un marchand astucieux, un savant amoureux. Idem : trop aimable. Locution figée : le cas échéant.

     

    De manière générale, la liaison se fait entre deux mots appartenant au même groupe phonologique (surtout : déterminant + nom, sujet + verbe, ou verbe + adverbe), mais pas entre les groupes : Cinq minutes avant sa mort, il vivait encore (= "tencore" / Ces questions ont perdu de leur intérêt (non : zont perdu). Si l'on fait une pause, la liaison disparaît : Vous avez mis deux " r " au lieu d'un (non : "deux zère").

     

    Il existe des locutions figées où la liaison se fait : pas à pas, de bas en haut, corps et âme (attention : à cor et à cri = chasser "avec le cor et avec les chiens" > "en insistant"), gros et gras, le pot-aux-roses... (Louis Jouvet dans Knock : un corps-z-étendu, liaison fautive, diction artificielle)

     

    Il existe même des liaisons fautives, mais admises, et écrites : vas-y, donnes-en, entre quatre-z-yeux (Queneau : Elle commanda-t-une camomille / On frappa-z-à la porte). Les fausses liaisons en t s'appellent des cuirs, en z des velours...

     

    Dans le discours, les liaisons sont le plus souvent facultatives ; on en trouve seulement 2 à 3%, par rapport à tout ce que l'on pourrait faire ; elles dépendent beaucoup du niveau de langue (cf neuf ans = [nœvã / nœfã]), du milieu social, de l'âge, de la région. On trouve aujourd'hui sur les médias des journalistes et (surtout) des hommes politiques qui vont marquer une pause, mais faire la liaison quand même : " Les électeurs ont... (= onte) entendu notre appel " ; et même " onte... répondu à... " (Jacques Chirac), de même qu'on prononce le coût " le coûte de l'opération ".

     

     

    http://bbouillon.free.fr/univ/hl/Fichiers/Cours/orthog.htm

     

     

     

     

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     Les Vikings, qui ont fait trembler les plus grandes nations européennes au Moyen Âge, sacrifiaient, de temps en temps au moins, des esclaves. © Provisuell, deviantart.com, cc by nc 3.0

     

    Les Vikings, qui ont fait trembler les plus grandes nations européennes au Moyen Âge, sacrifiaient, de temps en temps au moins, des esclaves. © Provisuell, deviantart.com, cc by nc 3.0

     

    Vikings : des esclaves décapités enterrés près de leur maître

    Des tombes regroupant 10 cadavres de Vikings avaient été retrouvées dans le nord de la Norvège dans les années 1980, parmi lesquels 4 étaient décapités. On les a longtemps soupçonnés d’être des esclaves sacrifiés. Une étude semble désormais l’attester.

     

     

    Durant la première moitié du Moyen Âge, entre l’an 800 et 1100, l’Europe a tremblé à cause d’une menace terrible venant du nord : les Vikings.

      

    Ces Scandinaves aventureux avaient la réputation d’être de féroces guerriers, forts et hargneux, violents et sans pitié, pillant les villages et ramenant avec eux des esclaves. Ces prisonniers leur étaient utiles en dehors des périodes de conflit, car ces Hommes du nord vivaient de l’agriculture.

      

    Certains étaient bien traités, d’autres beaucoup moins et devaient effectuer des tâches physiquement difficiles dans les champs. Quant aux femmes, elles étaient soumises à la volonté sexuelle de leur maître.

     

    Une vie souvent peu enviable, qui pouvait même être abrégée… En effet, entre 1980 et 1983, au nord-ouest de la Norvège, sur l’île Flakstad, dans l’archipel des Lofoten, 10 cadavres datés de l’époque des Vikings ont été exhumés, répartis dans 6 tombes. Trois d’entre elles ne comportaient qu’un corps, deux étaient doubles, et la dernière contenait trois squelettes. Quatre de ces cadavres avaient été décapités.

      

    À l’époque, les archéologues avaient émis l’hypothèse que ces corps regroupés et séparés de leur tête devaient être ceux d’esclaves, enterrés avec leur maître en guise d’offrande aux dieux de la mythologie nordique. Mais comment le prouver ?

     

    Elise Naumann, de l’université d’Oslo, accompagnée de trois collègues, viennent d’apporter des éléments qui accréditent cette supposition. Car bien des siècles après les faits, l’ADN et la radioactivité ont parlé.

     

    Des esclaves décapités pour aller au Valhalla

     

    Comme expliqué dans le Journal of Archaeological Science, les auteurs ont procédé à deux analyses. D’abord, de l’ADN mitochondrial (ADNmt), qui se transmet de la mère à ses enfants, a été récupéré sur les corps.

      

    Les résultats suggèrent que les individus regroupés dans les mêmes tombes n’étaient pas apparentés, ce qui laisse présager qu’ils n’étaient pas membres d’une même famille.

     

     

    Les Vikings traversaient les océans à l'aide de navires étroits, que l’on appelle communément drakkars. Ils pouvaient ainsi remonter les fleuves, perpétrer des pillages loin dans les terres, et ramener de leurs excursions des esclaves.
     

      

    Les Vikings traversaient les océans à l'aide de navires étroits, que l’on appelle communément drakkars. Ils pouvaient ainsi remonter les fleuves, perpétrer des pillages loin dans les terres, et ramener de leurs excursions des esclaves. © Henribergius, Flickr, cc by sa 2.0

    Mais surtout, l’étude des isotopes radioactifs (carbone 13 et azote 15) rentrant dans la composition des os donne un éclairage nouveau sur la situation. En effet, leurs ratios renseignent sur le régime alimentaire : les scientifiques arrivent à différencier les piscivores des carnivores.

      

    Il s’avère que les cadavres décapités portent les traces d’une alimentation riche en poissons, tandis que les autres corps, qui possédaient toute leur tête – façon de parler –, préféraient se nourrir de bétail ou de leurs dérivés.

     

    Les auteurs supposent donc que ces deux populations n’occupaient pas les mêmes rangs au sein de la société viking de l’époque. Ils apportent alors de nouveaux éléments confirmant l’hypothèse que ces corps étêtés appartenaient à des hommes ou des femmes réduits à l’état de servitude, et tués pour l’occasion, afin d’accompagner leur maître au Valhalla, le paradis des grands guerriers selon la mythologie scandinave.

      

    Des sacrifices humains subis ou choisis ?

    Bien que les archéologues pensent que les sacrifices humains étaient une pratique rare chez les Vikings, d’autres fouilles laissent entendre qu’ils pouvaient exister. Des corps pieds et poings liés, ou ayant subi les affres d’un rituel violent ont été retrouvés.

      

      

    Mais sacrifice subi ou voulu ?

    La question se pose encore. Car un voyageur arabe de l’époque, Ibn Fadlan, a raconté dans ses écrits avoir vu une femme choisir elle-même d’accompagner son défunt maître dans l’au-delà…

     

     

     http://www.futura-sciences.com/magazines/terre/infos/actu/d/

    paleontologie-vikings-esclaves-decapites-enterres-pres-leur-maitre-49965/

     

     

     

     

     

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