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    Les femmes vikings

     

    Les Vikings n'étaient pas seulement des aventuriers, mais aussi des fermiers, des commerçants et des colons - et ils entraînaient leur famille avec eux quand ils se déplacaient hors de la Scandinavie.

     

    Judith Jesch examine le rôle joué par les femmes dans le monde viking.

    Les femmes pouvaient-elles être des vikings ?

    À proprement parler, elle ne pouvaient pas. Le mot en vieux norrois vikingar est exclusivement appliqué aux hommes, d'habitude pour ceux qui ont navigué à partir de la Scandinavie dans des groupes engagés dans les activités de raids et le commerce en Grande-Bretagne, en Europe et dans l'Est.

     

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    Mais quelques vikings sont restés dans ces régions et des colonies scandinaves ont été aussi établies

    en Atlantique Nord (Iles Féroe, Islande, Groenland).

     

     

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    Les femmes pouvaient et ont vraiment joué un rôle dans ce processus d'implantation. L'Islande, par exemple, était inhabitée et une population permanente pouvait seulement être établie que dans le cas où les femmes faisaient aussi ce voyage-là. Dans des régions avec une population indigène établie, les colons vikings ont pu épouser des femmes locales, alors que quelques vikings itinérants ont pu prendre des compagnes en route, mais il y a des preuves que des femmes scandinaves ont atteint la plupart des parties du monde viking, de la Russie à l'est à Terre-Neuve à l'ouest.

    La plupart des voyages au départ de la Scandinavie impliquait des traversées maritimes dans de petits bateaux, ouverts, sans protection contre les éléments. Les familles se dirigeant vers les colonies du Nord Atlantique devaient aussi prendre tout le bétail dont ils avaient besoin pour établir une nouvelle ferme et le voyage a pu ne pas avoir été agréable. Les colons vikings s'installaient en tant qu'agriculteurs dans leur nouveau pays, ou s'établissaient comme des commerçants et devenaient des citadins. Tant l'agriculture que le commerce étaient affaires de famille et les femmes étaient souvent laissées seules responsables quand leurs maris étaient au loin ou mourraient. Il y a aussi des preuves que les femmes pouvaient gagner leur vie dans le commerce à l'Âge Viking. La balance des marchands et les poids trouvés dans des tombes de femmes en Scandinavie suggèrent un lien étroit entre les femmes et le commerce; d'ailleurs le compte rendu d'une mission chrétienne au IXème siècle, à Birka, un centre de commerce suédois, rapporte la conversion d'une riche veuve, Frideburg, avec sa fille Catla, qui voyageaient jusqu'au port frison de Dorestad.

    Les femmes des vikings en Angleterre

    La "grande armée danoise" qui a sillonné et conquis la plupart de l'Angleterre entre 860 et 870 avait probablement des sympathisants, bien que ceux-ci n'étaient pas nécessairement des femmes scandinaves. La chronique anglo-saxone note qu'une armée viking opérant dans les années 892-895 étaient accompagnée par des femmes et des enfants, qui devaient être mis en lieu sûr tandis que l'armée combattait et ferraillait. Mais cette armée arrivait en Angleterre après des raids sur le continent et au moins certaines de ces femmes pouvaient être venues de là. Les premiers colons vikings qui transformaient leurs épées en socs n'avaient  probablement pas de femmes scandinaves.

    Cependant, les noms de lieu et la langue suggèrent qu'il y ait eu une immigration scandinave considérable dans ces secteurs de l'Angleterre contrôlés par les envahisseurs vikings, plus tard connus comme le "Danelaw". Bien que la nature et la mesure de l'immigration scandinave soient contestés par des universitaires, l'explication la plus convaincante de cette manifestation est qu'il y avait une migration pacifique de familles scandinaves jusqu'aux régions du nord et de l'est de l'Angleterre pendant le Xème siècle. Les découvertes récentes d'un grand nombre de bijoux de femme, de style scandinave et de qualité inférieure, particulièrement dans le Lincolnshire, ont servi à montrer là la présence de femmes scandinaves au Xème siècle. Ces découvertes sont en corrélation bien avec l'expansion de noms de lieu d'origine scandinave dans la même région : prises ensemble, ces témoignages suggèrent véritablement une présence scandinave significative.

    Il y a eu un nouvel afflux significatif de Scandinaves en Angleterre pendant le règne de Knut, au XIème siècle. Ces nouveaux immigrants de classe sociale plus élevée ont laissé leurs marques à Londres et dans le sud, des secteurs non précédemment soumis à l'implantation scandinave. La pierre runique de St Paul, à Londres, avec son inscription fragmentée nous indiquant uniquement le nom de ses commanditaires, Ginna (une femme) et T-ki (un homme), montre deux Scandinaves affirmant leur affiliation culturelle au coeur du royaume anglais.

    image: http://s4.e-monsite.com/2011/09/19/11/resize_250_250//pierre-runique-de-St-Paul.jpg

    Cliquez sur cette image pour l'agrandir 

    Pierre runique de St Paul, Londres

    L'immigration scandinave

    L'immigration scandinave avait un impact plus grand sur les secteurs à plus faible densité des Îles britanniques, particulièrement les Îles du Nord et les Hébrides. Dans ces régions rurales et maritimes, le modèle d'implantation ressemblaient moins à celui de l'Angleterre et plutôt à celui des colonies scandinaves de l'Atlantique Nord, avec la différence qu'il y avait des populations indigènes (comme les Pictes) avec lesquels ils devaient lutter. Si ceux-ci ont été chassés ou s'ils ont atteint un certain compromis avec les nouveaux venus, le témoignage des noms de lieux est compatible avec une prise de contrôle scandinave presque totale des Orcades et du Shetland.

    Des tombes païennes fournissent des preuves archéologiques abondantes de la première colonie scandinave en Ecosse et de la présence de femmes colons. Deux tombes des Orcades nous montrent deux femmes très différentes : la mère de jumeaux nouveau-nés, jeune, vaillante et riche à Westness, et une femme âgée de statut élevé, enterrée à Scar, dans un bateau, avec un homme plus jeune et un enfant, une matrone ou peut-être même une prêtresse de Freya.

     

    Tandis que les Îles du Nord sont complètement scandinaves par la langue et la culture, les régions colonisées par les vikings à l'intérieur et autour de la mer d'Irlande avaient une population plus diversifiée. La tombe d'une riche femme de l'Île de Man, populairement connue comme "la Dame Païenne de Peel", a dévoilé une femme avec des propriétés presqu'entièrement scandinaves, mais environ 30 monuments runiques chrétiens de l'île révèlent un tableau beaucoup plus mitigé. Ce sont des croix essentiellement celtiques avec une certaine décoration de style scandinave, y compris des scènes mythologiques. Les inscriptions sont composées de runes et de vieux norrois, mais les noms de personnes (à la fois nordiques et celtiques) et la grammaire confuse de la langue suggèrent une communauté très métissée. Au moins un quart de ces monuments commémorent des femmes, la plupart en tant qu'épouse, quoiqu'une pierre d'après Kirk Michael semble être à la mémoire d'une mère adoptive et l'inscription note que: "il est meilleur de quitter un bon fils adoptif qu'un mauvais fils."

    image: http://s4.e-monsite.com/2011/09/20/02/resize_250_250//Plaque-en-os-de-baleine-du-bateau-tombe--Scar.jpg

    Cliquez sur cette image pour l'agrandir Plaque en os de baleine découvert dans le bateau funéraire de Scar (Ecosse)

    La vie quotidienne

    Le poème mythologique Rígsþula, écrit à l'époque médiéval de l'Islande, raconte l'origine divine des trois classes sociales principales. Mais il nous donne aussi un instantané de la vie quotidienne à l'âge viking.

     

    La femme de la classe des esclaves portaient: "des vêtements démodés" et servait du pain qui est "lourd, épais, tassé avec du son ... au milieu d'un tranchoir", avec "le bouillon dans une écuelle". La femme de la classe moyenne portait un chapeau et un tablier, avait un fichu autour de son cou et "des broches à ses épaules", et elle était à l'ouvrage avec son fuseau, "prête à tisser".

     

    La femme aristocratique s'occupait juste d'elle-même : elle portait un tablier de lin confortable, une jupe ample avec un corsage bleu, une grande coiffure et des bijoux appropriés et avait la peau très blanche.

    Elle servait le porc et la volaille dans des plats en argent, sur un tissu de lin blanc, arrosés de vin.

    Les fouilles archéologique montrent que les femmes étaient souvent enterrées dans leur plus belle tenue, comprenant une paire de broches ovales en bronze doré, qui soutenaient une robe-chasuble de laine usagée avec une sous-robe de lin. Beaucoup de fusaïoles ont été trouvés, comme la plupart du temps les femmes étaient engagées dans le filage et d'autres productions textiles. Une fusaïole de l'Âge Viking, à l'Anse aux Meadows (Terre-Neuve), prouve que les femmes ont aussi atteint le Nouveau Monde.

    La maison viking standard était rectangulaire et avait juste une pièce, dans laquelle tout avait lieu autour d'un foyer central. Ce type de maison a été trouvé de la Suède à l'est jusqu'à Terre-Neuve à l'ouest, tant dans les colonies rurales que dans des villes comme York et Dublin. Comme dans la plupart des sociétés traditionnelles, les femmes passaient beaucoup de leur temps à l'intérieur de telles maisons, cuisine, fabrication des vêtements, soins des enfants et des personnes âgées, mais elles auraient aussi eu la responsabilité de la laiterie.

    Femmes d'influence

    La vie de la plupart des femmes étaient limitées au foyer et à la maison, mais elles avaient une grande influence dans cette sphère. Les clés avec lesquelles plusieurs d'entre elles ont été enterrées symbolisent leur responsabilité sur le lieu et leur maîtrise sur la distribution de nourriture et et l'habillement de la famille.

    Quelques femmes ont laissé leur marque par leur statut exceptionnel ou leur réussite. Un des enterrements les plus riches de l'âge viking, en Scandinavie, est celui de la "reine" d'Oseberg, enterrée dans un très grand luxe avec un bateau richement décoré et un grand nombre d'objets funéraires de grande qualité, en 834. Plus tard dans ce siècle, Aud "l'esprit profond" vécut une véritable odyssée viking. Fille d'un chef norvégien dans les Hébrides, elle épousa un viking basé à Dublin et, quand son mari et son fils sont morts, elle prit en charge la fortune familiale, affrétant un bateau pour l'emmener avec ses petites-filles à Orkney, aux Iles Féroe et en Islande. C'est en Islande qu'elle s'installa, distribuant la terre à ses suivants. Elle est connue comme l'un des quatre colons les plus importants et comme la première chrétienne notable.

    Le Christianisation de la Scandinavie au XIème siècle a donné aux femmes de nouveaux rôles, qui sont reflétés par les pierres runiques de cette période. Sur la pierre de Dynna en Norvège, Gunnvor commémore sa fille Astrid avec des images de la Nativité, tandis que la pierre de Stäket en Suède commémore Ingirun, qui est allé en pèlerinage à Jérusalem.

    image: http://s4.e-monsite.com/2011/09/20/02/resize_250_250//n68_dynna-runsten3.jpg

    Cliquez sur cette image pour l'agrandir Pierre runique de Dynna -N68 dans la base Rundata-, à Gran (Norvège), représentant la scène de la Nativité.

    La Reine Emma résume les rapports culturels de l'âge viking. Son père était le duc Richard de Normandie, descendant du fondateur viking Rollon, tandis que l'on dit que sa mère était danoise. Emma a été mariée à deux rois d'Angleterre, l'anglais Æthelred et le danois Cnut et fut la mère de deux autres. Avec Cnut, elle fut une grande protectrice de l'Église et après sa mort, elle commanda le panégyrique Emmae, une apologie en latin des rois danois en Angleterre au XIème siècle, assurée ainsi que son portrait était inclus dans le manuscrit.

    Au sujet de l'auteur

    Le docteur Judith Jesch est directrice de thèse aux Études vikings à l'Université de Nottingham. Elle est l'auteur de nombreuses études sur l'âge Viking et la littérature en vieux norrois, comprenant Women in the Viking Age (1991)et  Ships and Men in the Late Viking Age (2001).

     

    Site: BBC - Source: http://www.bbc.co.uk/history/ancient/vikings/women_01.shtml (traduction française: Kernelyd)

    Voir également sur Idavoll l'article suivant :

    Le visage d'une femme viking reconstitué


    Read more at http://idavoll.e-monsite.com/pages/les-vikings/le-role-des-femmes-vikings.html#G3GEW4lDYgfZWECx.99

     

    http://idavoll.e-monsite.com/pages/les-vikings/le-role-des-femmes-vikings.html

     

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    La halle

    Au Grohenland, Erik le Rouge installa sa "halle".

    Non, Christophe Colomb n'a pas découvert l'Amérique!

    C'est désormais indéniable, la Pinta, la Nina et la Santa Maria n'ont pas été les premiers navires à atteindre les côtes du "Nouveau Monde". Avant 1492, l'Atlantique avait déjà été franchi par des hommes de l'est, ancrés dans l'imaginaire européen sous le nom de "Vikings".

    Et d'intrépides auteurs vont jusqu'à dire que les "anciens rois de la mer" eurent des prédécesseurs...

    Mais n'allons pas trop vite et commençons par la saga viking, qui est la mieux assurée.

    Toujours plus à l'ouest !

    En 870, les Norvégiens établis dans les archipels écossais, en Irlande ou fuyant leur pays soumis par Harald-les-beaux-cheveux, se lancent dans la colonisation de l'Islande. Ce n'est qu'une des nombreuses étapes d'un déplacement vers l'ouest qui va se faire graduellement, en fonction d'intérêts divers, qui -il faut le dire au risque de briser le mythe de l'aventure pour l'aventure- étaient principalement commerciaux.

     

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    Aux alentours de l'an 900, un dénommé Gunnbjörn, déporté vers l'ouest par les vents, aperçoit un groupe d'îles inconnues, au-delà de l'Islande.

     

    Il leur donne le nom de "Rochers de Gunnbjörn", mais n'y aborde pas.

     

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    La nouvelle de cette découverte se répand et le navigateur fait des émules.

     

     

    En 978, Snaebjörn Galti tente de joindre ces "Rochers".

     

    C'est un cuisant échec, dont le Landnamabok se souvient. Vers 980, Erik le Rouge (ou le Roux), banni d'Islande à la suite d'une sombre affaire (criminelle), se met à son tour en quête des mystérieux îlots.

     

     

    Ayant atteint le Groenland (le "pays verts"), il passe trois hivers à en reconnaître les fjords du sud-ouest. Il retourne dans son pays pour chercher des hommes tentés par la colonisation de ces nouvelles terres.

     

     

    Vers 985-986, Eric repart à la tête d'une flotte de 25 navires sur lesquels embarquent 800 personnes, toutes islandaises, et de nombreuses têtes de bétail en vue d'une installation définitive.

     

    La traversée est rude et seulement 14 vaisseaux arriveront à bon port.

     

    L'établissement se fait principalement à l'est, autour de l'actuelle Julianehaab, dans l'Eystribyggdh.

     

    Un second territoire de colonisation est créé, dans le Vestribyggdh, à l'ouest.

     

    Erik plante sa "halle" à Brattahild, à l'extrémité inférieure du "fjord d'Eric".

     

     

    Des villes seront fondées, à proximité de la haute mer et au fond des fjords et, à partir de l'an mille, la christianisation faisant, des églises seront bâties.

     

    Un État s'organise peu à peu, copié en tous points sur le modèle islandais.

     

     

    Les premières colonies comptent bientôt quelques milliers d'habitants, regroupés dans la partie méridionale de l'île. Ils y vivent essentiellement d'élevage laitier et font commerce de cordes, d'ivoire de morse ou de narval, d'huile ou encore d'ours blancs.

    Dans les premiers temps, les Vikings groenlandais ne rencontrèrent pas d'Eskimos (Inuit).

     

    On ne sait pas vraiment quel type de rapports ils nouèrent avec eux par la suite.

     

    Beaucoup de récits évoquent les combats terribles que se seraient livrés les deux peuples, mais le pacifisme intégral des indigènes indique qu'il ne faut pas s'y fier aveuglément.

     

    Certains anthropologues, comme Vilhjalmur, pensent avoir prouvé qu'il y eut des croisements ethniques.

     

     

    Les conquérants islandais ne peuvent rester en place. Ils tentent des expéditions vers le nord, mais aussi vers l'ouest.

    Cette "conquête de l'ouest", qui finalement n'aboutira pas, peut se décomposer en 6 voyages.

     

     

    Carte des expeditions
    Carte générale des premières expéditions vickings vers le Nouveau Monde

    Les 6 voyages vikings en Amérique

     

     

    Le premier, un des plus rapides aussi, fut le fait de Bjarni, fils de Herjolfr.

     

    Au cours d'une expédition, à peine un an après le débarquement au Groenland, Bjarni est entraîné vers des côtes inconnues, à l'ouest-sud-ouest.

     

    N'osant y appareiller, il les remonte quelque temps, puis regagne le "fjord d'Éric", où il raconte ce qu'il a vu.

     

    Bon sang ne saurait mentir : vers l'an 1000, Leifr, le fils d'Eric le Rouge, accompagné de 35 hommes, entreprend l'itinéraire de Bjarni, mais en sens inverse.

     

    Il retombe sur les paysages décrits par son prédécesseur.

     

    Première relâche, une terre occupée par "de grands glaciers"; vu leur configuration, il baptise ce lieu Helluland    ("Pays de la Pierre plate").

     

    Leifr poursuit sa route, le long de sables blancs s'étendant devant un pays forestier, qu'il l'appelle avec simplicité Markland ("Pays des Forêts").

     

    Deux jours plus tard, il accoste sur une île, où l'herbe est abondamment perlée de rosée. Il gagne ensuite une terre située au-delà du détroit, remonte une rivière vers une lagune, où il jette l'ancre et fait construire des baraquement pour y passer l'hiver, au lieu-dit Leifsbudhir ("Cabanes de Leifr").

     

    Comme la région regorge de vignes, Leifr lui donne le nom de Vinland ("Pays du vin"). Il retournera au Groenland, la cargaison pleine de bois et de vin.

     

    Thorvaldr prend 30 hommes avec lui et part à la recherche des terres

    par son frère Leifr.

     

    Il retrouve les cabanes, et y passe environ un an. Pour revenir au Groenland, il file par le Markland et double un cap qu'il nomme Kjalarnes ("Cap de la Quille").

     

    Mais il tombe sur les "Skaerlings" dont les flèches le blessent mortellement.

     

    Il est enterré sur place.

     

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    Quatrième voyage, troisième frère :

     

     

    Thorsteinn, qui décide de ramener le corps de Thorvald pour lui donner une sépulture chrétienne.

     

    Il s'embarque avec sa femme et 25 hommes, mais la mer déchaînée l'empêchera d'atteindre son objectif.

    Thorfinn Karlsefni a de plus grandes ambitions. Riche islandais émigré au Groenland, il songe à renouveler l'exploit d'Eric le Rouge, en colonisant le Vinland.

     

    Il prend trois navires, sur lesquels s'embarquent 150 personnes, ainsi que du bétail. Leifr accepte de leur prêter "ses" cabanes.

     

    Tout se passe sans problème, il passe par Helluland, Markland, double Kjalarnes et s'installe à Leifsbudhir.

     

     

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    Mais au bout d'un an, Thorfinn et ses troupes doivent affronter les raids des "Skaerlings".

     

    Bien qu'ils soient mis en déroute, les indigènes causent de si graves ennuis à l'expédition que son chef profite de leur débandade pour retourner au Groenland.

     

    Il n'oublie pas d'emporter dans ses bagages, une cargaison de ceps et de raisins.

     

     

    La dernière aventure est celle de la fille d'Erik le Rouge, Freydis.

     

    Elle voulut renouveler l'expérience de Thorfinn, se rendit aux cabanes, mais sa cruauté et les querelles qui secouèrent son équipage firent échouer la colonisation. Personne, par la suite, ne songea, semble-t-il, à regagner Leifsbudhir.

     

     

    Periples de Leifr et Bjarni
    Les périples accomplis par Leifr et par Bjarni

    Faut-il croire les sagas ?

     

     

    Plusieurs noms de lieux apparaissent dans ces 6 épisodes.

     

    Les principaux sont l'Helluland, le Markland et surtout le Vinland.

     

    La plupart des chercheurs, se fondant sur les descriptions topographiques, botaniques, zoologiques, météorologiques, climatiques et sur des données maritimes, ont conclu que ces territoires étaient respectivement la Terre de Baffin, le Labrador et un endroit, plus difficile à cerner, qui peut être situé, très approximativement, entre la Nouvelle-Angleterre,

     

    la Nouvelle-Écosse et les atterages de la baie du Saint-Laurent.

     

     

    C'est-à-dire, en un mot, en Amérique du Nord.

     

     

    Cinq siècles avant Colomb. Et voilà le Génois détrôné! Faut-il s'en étonner, ces conclusions formidables ont mis longtemps à être admises par les universitaires -toujours un peu lents à réviser leurs enseignements et à admettre que leur corporation s'est trompée pendant des siècles.

     

     

    Pour d'obscures raisons, certains ne les ont toujours pas admises ou s'efforcent contre toute raison d'en minimiser la portée...

     

     

    Les documents écrits sont évidemment trop fragiles par eux-mêmes pour qu'on leur accorde une signification historique.

     

     

    C'est un fait, les sources qui relatent les différents voyages des Vikings groenlandais, les fameuses "sagas" (l'Islandingabok, le Landnamabok déjà cité, la Saga d'Éric le Rouge, la Saga des Groenlandais, le Dit des Groenlandais...), ont été rédigées quelque trois siècles après les événements.

     

     

     

    Trois siècles, c'est long et il est hors de doute que ces récits, issus de traditions navales, contiennent des exagérations et des épisodes mythologiques qu'il importe de resituer dans leurs contextes.

     

     

    On y croise des monstres, des héros certainement trop héroïques et une Freydis un peu trop cruelle, pour qu'on leur accorde un crédit illimité.

     

     

    Peut-être même des personnages ou des expéditions ont-elles été inventées de toutes pièces.

     

     

    S'il fallait les croire sur parole, le scepticisme serait de rigueur. Mais la plupart des histoires racontant la migration viking d'Islande vers le Groenland, et du sud du Groenldand vers le nord, ont été confirmées par les fouilles archéologiques sur le terrain. On a pu dénombrer quelque 190 fermes, 12 églises et deux monastères, pour la région d'Eystribyggdh, et, dans le Vestribyggdh, 9O fermes et 4 églises.

     

     

    Les restes d'une cathédrale se trouvent encore à Igaliko (anciennement Gardhar). Brattahild, où Éric le Rouge s'installa, a été identifiée et correspond à l'actuel Kaksiarsuk.

     

    Le "fjord d'Éric" porte aujourd'hui le nom de Tunidliarfik.

     

    Au Musée national de Copenhague, on peut aujourd'hui admirer une pierre runique, trouvée en 1824 par un Eskimo, à Upernivik, sur l'"le de Kingigtorssuaq, à 72° 58' de latitude nord, qui témoigne de la réalité des expéditions vikings menées vers le nord du Groenland, si étonnantes qu'elles paraissent.

     

    Il est donc admis que les textes narrant les voyages vers le nord, tout tardifs qu'ils soient, avec leurs inévitables broderies et, parfois, leurs contradictions, retracent dans les grandes lignes des événements vécus. En irait-il différemment avec les voyages vers le sud-ouest ?

     

     

    Seraient-ils, eux tous, des purs produits du folklore, comme l'en accusent quelques universitaires?

     

     

     

    Fouilles
    Vue générale des fouilles à l'Anse aux Meadows

    La preuve par L'Anse-aux-Meadows

     

     

    Les réserves sur ce point sont d'autant plus étranges que ces voyages sont, comme les autres, assurés par les découvertes archéologiques les plus sûres.

     

     

    Il y a d'abord des indices : une pointe de flèche en silex de facture algonquine retrouvée dans le cimetière le Kilarsarfik, au centre de la Vestribyggdh (les Algonquins sont des Indiens d'Amérique du nord qui pourraient s'apparenter aux mystérieux "Skraelings" qui tuèrent Thorvaldr) et un morceau d'anthracite qui, selon les géologues, ne pourrait provenir que du gisement à ciel ouvert de Rhode Island. Évidemment, on pourrait objecter, même si l'argument ne convainc que les convaincus, que ces objets ont été apportés par les peuplades d'Amérique, que ce sont les Eskimos qui les ont enfoui dans un site viking.

     

     

    Mais il y a surtout LA preuve. Au début des années 60, dans le nord de Terre-Neuve, à L'Anse-aux-Meadows, sur la rive sud du détroit de Belle-Isle, Helge et Anne Stine Ingstad ont exhumé les emplacements de grandes maisons de type scandinave. Secondés par le Dr William Taylor, indianiste du Musée National du Canada, des archéologues islandais et suédois (dont Kristjan Eldjarn, futur président de la République d'Islande) et un géologue, ils entreprirent une exploration quasi-complète du site.

     

     

    Les résultats dépassèrent tout ce qu'ils pouvaient espérer. Sur la rive est d'une rivière provenant d'une lagune intérieure, le Black Duck Pond, ils mirent au jour une bâtisse de 16 m/ 20, dont les normes de construction étaient rigoureusement identiques à celles des Vikings (un grand hall et un âtre rectangulaires), des foyers, des emplacements de cuisine... ;

     

     

    à l'ouest, ils trouvèrent les restes d'une forge, ainsi qu'une fosse emplie de charbon de bois.

     

     

    Dans une botte à braise, exhumée par Rolf Pétré, on découvrit des cendres de charbon de bois et un petit morceau de cuivre. Un examen métallurgique permit de déterminer que ce morceau avait été fondu selon une technique étrangère aux autochtones. La méthode du C14 fut appliquée au charbon : il datait des environs de l'an mille!

     

     

    Tous les autres objets d'origine biologique soumis au C14 donnèrent des dates comparables -ce qui les faisait donc correspondre à la chronologie des expéditions vikings rapportées par les sagas!

     

     

    Tous les objets inventés, qu'il s'agisse de clous de fer, d'une lampe, d'outils de pierre, ou d'une petite couronne en pierre ollaire, servant à filer la laine (ni les Eskimos, ni les Indiens ne travaillaient la laine!)

    étaient incontestablement d'origine viking.

     

     

    A moins d'être particulièrement obtus, on ne peut qu'admettre, au vu de toutes ces données, que le site de L'Anse-aux-Meadows fut occupé par les Vikings, aux alentours de l'an mille.

     

    Ou alors il faut croire qu'à peine 20 ans après l'arrivée des Vikings au Groenland, des Indiens très ingénieux ont recopié parfaitement les usages et les normes de ceux-ci, quitte à oublier subitement leur propre culture -et qu'ils se sont contenté de faire l'"expérience" à cet endroit précis, à cette époque précise, n'en tirant aucune leçon pour l'avenir.

     

    Régis Boyer, de l'université Paris-Sorbonne, doit le croire, puisqu'il écrit qu'" il est imprudent d'affirmer que les Islandais du Groenland ont découvert l'Amérique du Nord".

     

    Etrange conception de l'histoire.

     

     

    Pierre runique
    Pierre runique retrouvée à Upernivik (72° nord)

     

     

     

    Faut-il conclure du même coup que cet emplacement n'était autre que celui des cabanes de Leifr, le Leifsbudhir?

     

     

    Ne disposant pas des informations qui lui auraient permis de faire un tel rapprochement, Helge Ingstad, en scientifique consciencieux, se refusa à aller si loin. On ne peut néanmoins que constater des similitudes troublantes.

    Sous le Soleil d'Amazonie ?

    Une question vient immédiatement à l'esprit :

     

    les Vikings, après avoir marché sur la pointe nord de l'Amérique, n'auraient-ils pas eu l'idée de s'aventurer dans les terres du sud?

     

    Après tout, la curiosité étant ce qu'elle est, c'eut été un comportement bien naturel.

     

    Pour certains auteurs, la pièce de monnaie, découverte en 1955 par deux archéologues amateurs, sur un site indien dans le Maine, constitue une preuve suffisante de ce trajet.

     

    Expertisée en 1982, la pièce se révéla effectivement d'origine viking, battue en Norvège sous le règne d'Olaf Kyrre (1066-1093).

     

     

    Percée sous le bord, elle dut servir d'amulette à l'Indien qui la portait. Mais une seule piécette, qui plus est de faible valeur, prouve-t-elle que les Vikings se sont déplacés jusqu'au lieu de sa découverte?

     

    Bien sûr que non. Aucun emplacement de type scandinave n'ayant été exhumé dans les parages, il y a tout lieu de penser que cette pièce fut donnée à un Indien dans le cadre d'un troc.

     

    En 1930, on trouva à Beardmore, en Ontario, une authentique épée viking.

     

     

    Las! Elle y avait atterri dix ans plus tôt!

     

     

    Il y eut aussi la "pierre runique de Kensington", dans le Minnesota. Mais, mis à part Alf Mongé et le Dr Landsverk, tous les experts assurent qu'elle est fausse...

     

     

    Pour Jacques de Mahieu, "professeur à l'université de Buenos Ayres, anthropologue, économiste, sociologue, historien" (!),

     

    les Vikings sont non seulement allés jusqu'en Amérique centrale :

    ils ont aussi débarqué en Amazonie.

     

    L'éminent personnage a tenté des reconstitutions fabuleuses des expéditions en Amérique du sud, en faisant, page après page des rapprochements hasardeux que seul un néophyte peut confondre avec de l'érudition.

     

     

    Pour lui, la contestation n'est plus de mise :

     

     

    "en l'an 967 de notre ère, quelque 700 Vikings des deux sexes débarquèrent de sept drakkars sur le côtes du Mexique". De là, la "mythologie solaire, une organisation politique, des valeurs morales, des connaissances scientifiques et techniques et de nombreux termes danois, allemands et anglo-saxons qu'employaient encore les Indiens au début du siècle dernier"!!

     

     

    Le tout, naturellement, sans qu'on retrouve la moindre trace archéologique de leur passage... Le distingué professeur en viendra à considérer qu'avant Colomb, "tout le monde allait en Amérique" -tout le monde, y compris, chacun l'aura deviné, les Templiers (que diable allaient-ils faire dans cette galère!). Colomb n'aurait d'ailleurs aucun mérite : la carte de l'Amérique, il l'avait volée!

    L'hypothèse de voyages vikings méridionaux et équatoriaux mériterait sans doute mieux que les romans imaginés par des farfelus de ce genre.

     

     

    Si elle était confirmée un jour, ce qui est possible, certaines des croyances qui imprégnèrent les Précolombiens (comme l'étonnant mythe de Quetzalcoatl, le "dieu blanc barbu", dont le retour "annoncé" est censé avoir causé la perte des Mexicains) trouveraient une explication rationnelle.

     

     

    Encore n'est-il pas évident qu'une croyance ait besoin d'un élément positif pour naître et prospérer, ni que cette croyance ait bien été celle qu'on croit. Il faut reconnaître qu'au stade actuel des recherches, on est loin d'avoir avancé sur ce point.

    Celtes, Phéniciens et... Néandertal

     

     

    Et avant les Vikings?

    Avant, on nage en pleines suppositions...

     

     

    Comme Heyerdhal ou Ragnar Thorseth pour les Vikings, Tim Severin a démontré qu'on pouvait traverser l'Atlantique à bord d'embarcations fragiles, comme les coracles des Irlandais du haut Moyen Age (des bateaux de peaux cousus sur une armature de bois).

     

    Mais l'exploit sportif n'est pas une garantie, d'autant plus que Severin, lui, savait où il allait...

     

     

    Louis Kevran a tenté de démontrer que saint Brandan, le plus célèbre

    "moine-navigateur" du Moyen Age, avait réellement accompli les voyages que lui imputent des récits tardifs, écrits (pour les plus proches) trois siècles après sa mort (soit au IXe siècle). Il pensait que le saint homme avait atteint l'Amérique, en cherchant le Paradis.

     

    Pourquoi pas, évidemment? Une aventure solitaire, quoi qu'incertaine compte tenu des difficultés techniques qu'elle engendre, est toujours possible et peut mener à Cuba ou aux Canaries.

     

    Mais la brume hagiographique et métaphorique qui enrobe les textes, la constante imprécision géographique qui s'en dégage (et qui, contrairement aux sagas scandinaves, laisse libre cours à toutes les fantaisies de l'esprit sans en n'assurer aucune), l'absence de faits matériels permettant d'étayer une telle expédition, sont autant d'éléments qui autorisent pour l'instant à douter de la réalité de ces voyages.

     

     

     

    Quant aux indices d'expéditions antérieures (menées par les Celtes, par exemple), c'est peu de dire qu'ils sont ténus. Quelques auteurs, dont l'esprit d'aventure n'a rien à envier aux navigateurs dont ils décrivent les pérégrinations, n'ont évidemment pas pu s'empêcher d'expliquer l'aisance des traversées transocéaniques antiques par la présence opportune du relais de l'Atlantide, en pleine océan...

    Il est inutile de leur répondre.

     

     

     

    Comme toujours dès qu'on aborde les rivages glissants de la reconstitution hypothétique, il y eut aussi des fraudeurs.

     

    Ainsi du fumeux Cyrus Gordon, qui, après avoir "prouvé" que les Juifs s'étaient rendus en Amérique après leur départ de Palestine, dénicha la reproduction d'un texte phénicien gravé sur une stèle de Pouso Alto, au Brésil... se gardant bien d'avertir ses lecteurs qu'il s'agissait d'un faux monumental, dont fut victime au siècle dernier le directeur du Musée national de Rio de Janeiro, le Dr Netto !

     

     

    Qui d'autres? Les Chinois? Les Océaniens?

     

    La voie Pacifique, au cours du Ier millénaire avant notre ère, est une hypothèse probable, à en croire les botanistes (la patate est commune à l'Amérique et à la Polynésie et le coton à l'Asie et à l'Amérique centrale et du sud). Mais quant à préciser la nature et la qualité des relations, il y a encore loin...

    Les vrais découvreurs de l'Amérique sont en réalité beaucoup plus anciens. Ce sont tout simplement les premiers migrants. qui ont peuplé le continent américain. On les oublie toujours.

     

     

    "Tout simplement" n'est d'ailleurs pas la bonne expression, puisqu'on hésite à se prononcer avec certitude sur la date exacte de leur arrivée, ainsi que sur leur origine. Rien n'est jamais simple. Jusqu'à la fin des années 80, les "spécialistes" penchaient pour un peuplement initial d'origine mongoloïde,

    qu'ils situaient aux alentours de -12 000.

     

     

    Depuis les découvertes faites au Brésil par Niède Guidon et Georgette Delibrias, les premiers explorateurs ont pris un coup de vieux : on estime maintenant qu'ils seraient venus d'Asie, mais certainement aussi de Polynésie, vers -40 000 (pendant la "glaciation de Wurm"), en traversant à pieds secs le détroit de Behring.

    Combien de temps durera cette datation? Certains la repoussent déjà à -70 000 ans.

    L'Homme de Néandertal, premier prédécesseur de Colomb?

    Paul-Éric Blanrue


     

    Carte du Vinland

    La Vigne ou les Prairies ?

     

     

     

    Pour mieux repousser l'idée d'une tentative de colonisation précoce de l'Amérique par les Vikings, certains auteurs ont contesté l'orig¡ne du mot "Vinland" (couramment traduit par "Pays de la Vigne") qu'on trouve dans au moins cinq sagas. La vigne sauvage ne serait pas possible sous de telles latitudes! Il faudrait lui préférer une acception plus sage, celle de "Pays des Prairies". Tout est une question de "i" : si c'est un "i long", c'est bien la vigne, si c'est un "i bref", il faut traduire par "prairies". L'histoire de la vigne rappelerait "trop" celle qu'on trouve dans la Bible (au pays de Chanaan).

     

     

    La querelle linguistique peut s'éterniser, mais une chose est sûre : la présence de la vigne en ces contrées est attestée par les reconnaissances qui y furent effectuées en juillet 1534 par l'explorateur français Jacques Cartier.

    Le passé dans les cartes

     

    Des cartes réalisées avant Colomb ont-elles répertorié tout ou partie du continent américain?

     

    Vaste débat, dont la résolution expliquerait beaucoup de choses, mais qui a malheureusement été embrouillé par des mystifications et des interprétations abusives.

     

    Pour "prouver" que l'Amérique était connue depuis la plus haute Antiquité, les compères Bergier et Pauwels, du Matin des Magiciens, (le pire du pire) brandirent la "carte de Piri Reis". Pour faire bonne mesure, ils ajoutèrent que ce document n'avait pu être établi qu'à partir d'observations faites d'un engin volant! Comme l'a rappelé Jean-Pierre Adam, dans son savoureux Passé recomposé, cette mappemonde est un document de compilation réalisé au début du XVIe siècle par l'amiral de Soliman le Magnifique, à partir des cartes relevant les découvertes des Espagnols et des Portugais.

     

    La "carte du Vinland" a fait, elle aussi, couler beaucoup d'encre. L'Université de Yale, en 1965, assura avoir trouvé une carte de 1440 mentionnant l'existence du Vinland, accompagné d'une note sur Leifr et Bjarni. Une analyse chimique de l'encre, faite ultérieurement par Walter McCrone de Chicago, indiqua qu'il s'agissait d'un faux.

     

    SOURCES LIEN -

    http://www.zetetique.ldh.org/vickings.html

     

     

     

     

     

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    Non, Christophe Colomb n'a pas découvert l'Amérique!

    C'est désormais indéniable, la Pinta, la Nina et la Santa Maria n'ont pas été les premiers navires à atteindre les côtes du "Nouveau Monde".

    Avant 1492, l'Atlantique avait déjà été franchi par des hommes de l'est, ancrés dans l'imaginaire européen sous le nom de "Vikings".

    Et d'intrépides auteurs vont jusqu'à dire que les "anciens rois de la mer" eurent des prédécesseurs...

    Mais n'allons pas trop vite et commençons par la saga viking, qui est la mieux assurée.

     

    La colonisation viking des Amériques est une expansion migratoire des Vikings de Scandinavie vers les côtes nord-ouest de l'océan Atlantique, sur le continent nord-américain. 



    Elle débute autour de l'an 1000 et se termine définitivement vers le xve siècle. 


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    Durant toute cette période, les différents postes et établissements répartis sur un grand territoire ne conduiront pas à l'installation d'une réelle colonie permanente.



    (La carte de Skálholt (1570). On peut y lire les noms des 4 régions découvertes par les Vikings : Grønland, Helluland, Markland et Vinland)



    Les Vikings sont sans doute la première civilisation européenne à joindre l'Amérique. Vers l'an 1000, Leif Erikson navigue depuis le Groenland jusqu'à un point restant encore à découvrir en Amérique du Nord (peut-être sur le site actuel de Bay St-Lawrence, au nord de Cape Breton) qu'il appelle Vinland, ce qui fait de lui le découvreur nord-européen de l'Amérique.



    Un peu plus tard, Thorfinn Karlsefni installe un village à Terre-Neuve qu'il appelle Straumfjörðr.



     Il peut s'agir de l'Anse aux Meadows (aujourd'hui inscrit comme site du patrimoine mondial par l'Unesco), de Pointe Rosée fouillé en 2016 ou d'un autre site non encore découvert. En 1014 naquit Snorri, fils de Thorfinn Karlsefni et Gudrid Thorbjarnardottir, premier Européen né au Vinland. 



    Des relations orageuses avec les autochtones ne sont vraisemblablement pas étrangères à l'évacuation du village, quelques années plus tard.



    Les sources disponibles sont les sagas. Il s’agit de textes en prose rédigés par des clercs, fins lettrés, en Islande entre les xie siècle et xive siècle.



    Souvent, ces textes mêlent réalité et imaginaire, traditions orales plus ou moins établies et effets de styles romanesques.



    Deux sagas du xiiie siècle racontent les périples de Leif Erikson et de son père ainsi que de l'autre explorateur du Vinland, Þorfinnr Karlsefni : la saga d'Erik le Rouge et la saga des Groenlandais.



    Selon les Sagas des Islandais, des Vikings provenant d'Islande s'établissent au Groenland dans les années 980.

     

    Il n'y a pas lieu de douter de l'authenticité de l'information de ces récits, mais ils ne peuvent être traités comme preuve évidente car il y existe une part de subjectivité.

     

    L'explorateur norvégien Erik le Rouge, forcé à l'exil durant trois ans pour un cas d'homicide en Islande, aurait exploré en premier la côte sud-ouest du Groenland, alors inhabitée.

     

    Il baptise l'endroit Grønland, la terre verte, dans l'objectif d'intéresser des colons potentiels à venir s'y établir. Il fonde le village de Brattahlid, au nord du fjord de Tunulliarfik

     

    . Erik et ses descendants occuperont le site jusque vers la fin du xve siècle.

     

    À son apogée, la colonie se compose de deux secteurs soit l'Établissement de l'Est, à la pointe sud de l'île, et Établissement de l'Ouest, sur la côte ouest (près de l'actuelle ville de Nuuk).

     

    Sa population varie de 3000 à 5000 habitants et opère au moins 400 exploitations agricoles

     

    . Elle exporte vers l'Europe de l'ivoire de morse, des fourrures, graisse de phoque, des peaux et même des ours polaires vivants.

     

    En 1126, la population demande qu'un évêque s'établisse à Gardhar.



    En 1261, les colons acceptent la suzeraineté de leur territoire par le Roi de Norvège (et son monopole sur le commerce avec la colonie) en échange d'être visité par deux bateaux par an.

    La colonie va décliner vers le milieu du xive siècle.



    Elle n'échappe pas à la peste noire. Elle connaît aussi des troubles avec les Inuits. La partie ouest de la colonie est abandonnée vers 1350. Le dernier évêque meurt en 1377 et ne sera pas remplacé. Un dernier mariage est enregistré en 1408. L'objet le plus ancien retrouvé est une robe datant d'environ 1430.

    Colonisation du Vinland

    Selon la Saga d'Erik le Rouge et la Saga des Groenlandais, les Vikings commencent à explorer les terres à l'ouest du Groenland vers 985. Cette année-là, une flotte composée de 400 à 700 colons islandais navigue jusqu'au Groenland pour s'y établir. Parmi les navires, un marchand nommé Bjarni Herjólfsson bifurque de sa route. Après trois jours en mer, il aperçoit la côte est de ce qui est aujourd'hui le Canada. Cependant, il ne s'y établit pas. Il raconte plutôt sa découverte à Leif Erikson (le fils d'Erik le Rouge, fondateur de la colonie du Groenland). Ce dernier va vouloir explorer la région plus en détail.



    En se référant aux données (points de repère, courants, vents, etc) que Bjarni Herjólfsson lui avait décrits, Leif Erikson part en direction de l'Amérique avec un équipage de 35 personnes avec le knarr de Herjólfsson. Le père de Leif, Erik le Rouge, aurait voulu se joindre à l'expédition, mais il en aurait été empêché en raison d'une blessure après être tombé de son cheval. L'équipage réussit à atteindre l'Helluland (ce qu'on suppose être aujourd'hui l'île de Baffin), ce qui signifie « Terre des pierres plates », un endroit stérile et rocailleux. Ils poursuivent vers le sud pour atteindre le Markland (ce qu'on suppose être aujourd'hui le Labrador), ce qui signifie « Terre des forêts ». Voyant le climat s'améliorer plus ils descendaient vers le sud, Leif et son équipage continuent de longer la côte. Ils auraient finalement établi leur camp de base à Leifsbudir près du cap Bauld, à la pointe nord de l'île de Terre-Neuve. Comme un de ses hommes y découvre de la « vigne sauvage », Leif nomme la nouvelle terre Vinland, la « Terre des vignes ». L'explorateur et son équipage retourne finalement à la colonie du Groenland. Ce camp sera visité à de nombreuses reprises dans des expéditions successives.

    Voyage de Thorvald Eriksson

    En 1004, le frère de Leif, Thorvald Eriksson, lève l'ancre avec un équipage de 30 hommes en direction du Vinland. Il y passe l'hiver au camp érigé par Leif. Au printemps, Thorvald attaque neuf indigènes (peut-être des Béothuks) qui dormaient à l'abri sous des canots. L'un d’entre eux s'échappe et revient avec des renforts. Thorvald est tué par une flèche qui réussit à passer à travers la barricade. Quelques autres hostilités suivent dans les mois suivants. Les explorateurs quittent finalement les lieux après l'hiver. Par la suite, un autre frère de Leif, Thorstein, voudra s'y rendre pour récupérer le corps de Thorvald, mais il décède avant de quitter le Groenland.



    Expédition de Thorfinn Karlsefni

    En 1009Thorfinn Karlsefni part à son tour pour le Vinland. Selon la Saga d'Erik le Rouge, il part avec trois navires et rassemble 160 colons et du bétail. Selon la Saga des Groenlandais, il part plutôt avec 60 hommes et 5 femmes. Les deux récits divergent énormément.



    Les Vikings ont nommé les terres américaines de noms nordiques :





    Avant le début du xixe siècle, l’idée d’une colonisation viking de l’Amérique du Nord fut considérée par les historiens comme relevant du folklore, jusqu’à l’élaboration en 1837 d’une première hypothèse sérieuse par l’historien de la littérature et archéologue danois Carl Christian Rafn dans son ouvrage Antiquitates Americanæ où il concluait, après une étude en profondeur des sagas, ainsi que des lieux potentiels de colonisation de la côte nord-américaine, que le Vinland était un endroit réel en Amérique du Nord qui avait été colonisé par des Norvégiens.



    La découverte en 1960 du site de l'Anse aux Meadows par l’explorateur norvégien Dr. Helge Ingstad et sa femme archéologue Anne Stine Ingstad est venu renforcer cette théorie et la crédibilité des sagas.



    La pierre runique de Kensington découverte au sud des Grands Lacs dans le Minnesota, aux États-Unis, fait toujours l'objet d'études controversées. En effet, le texte gravé révèle la présence d'une expédition d'une vingtaine de Vikings accompagnés d'une dizaine de Goths et le tout daté du milieu de 1362.



    La plupart des historiens considèrent cette inscription, découverte en 1898, comme fausse ou douteuse. La question est toujours débattue.



    Un autre site est découvert à Pointe rosée en 2015

     

     

     

     

     

     

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    Les runes, forme primitive d’alphabet, étaient gravées dans le bois,
    la pierre ou les métaux.
     
    Les Vikings pensaient que l’alphabet runique contenait des pouvoirs magiques. 

    Les origines des runes demeurent un mystère.
     
    Cependant, nous savons que d’autres peuples germaniques les
    utilisaient, bien avant l’ère viking. 

    Les runes se composent de droites qui sont plus faciles à graver que les courbes. On n'utilisait pas les runes pour écrire de longs documents. 
     
     
     

    Malgré tout, la plus longue inscription connue comporte 700 symboles. 

    Les historiens actuels donnent à l’alphabet runique le nom de futhark. 
      
    Utilisation des runes 
    Rune provient de l’ancien scandinave « rûnar » qui signifie « écriture secrète ».  Les runes ont été utilisées par les peuples germaniques du nord de l’Europe (Grande-Bretagne, Scandinavie, Suède, Islande) entre le IIIe s. et le XVIIe s. 
      
    Ces lignes simples étaient faciles à graver. Même sans papier, ni plume, il était possible de tailler une phrase runique dans le bois. 
      
     
    Runes datés du XIIe siècle. By Mararie. 
      
    La plupart des quelques 4000 inscriptions qui nous sont parvenues sont cependant marquées dans la pierre, l’os ou le métal. 

    Il s’agit souvent de pierres tombales, portant le nom du défunt. D’autres inscriptions runiques servaient de bornes ou indiquaient le nom du propriétaire d’un coffre ou d’une arme. 
      
    A Rok, dans une province suédoise, on a découvert une pierre dressée par un père à la mémoire de son fils défunt. Elle comporte plus de 700 symboles ce qui en fait la plus longue inscription connue. 
      
     
    Inscriptions de plus de 700 symboles. By Mararie. 
      
    Les runes servaient également à tenir les comptes dans le commerce. 
      
    Avec l’avènement du christianisme, de nombreux artefacts ont été détruits. Il ne nous sera peut-être donc jamais possible de connaître la véritable origine des runes. 
      
    L’origine des runes 
    Officiellement, les runes ne sont apparues qu’en l’an 1. Cependant, il est certain que cette écriture est beaucoup plus ancienne.  

    En effet, l’écriture dite d'Hallristinger, l’ancêtre du futhark, date de la fin de la préhistoire.  
      
     
    Runes sur un vase viking. By Mararie. 
      
    Plusieurs théories ont été émises sur l’origine de cette écriture mais, à ce jour, elle reste un mystère. 
    Elle pourrait être constituée d’un mélange d’alphabets.
     
      
    Les pouvoirs magiques des runes 
    Les Vikings prêtaient aux runes des pouvoirs magiques. On jetait des sorts en les gravant et on les portait sur des amulettes pour se protéger. 
      
    Ils expliquaient l’origine des runes par les mythes. D’après la légende, ce fut Odin lui-même qui apprit le premier l’écriture, au terme d’une épouvantable épreuve. 

    Cette épreuve peut-être d’ailleurs assimilée à la crucifixion du Christ. 
      
      
     
    Les vikings prêtaient aux runes des pouvoirs magiques. By Access.denied 
      
    Pour découvrir le secret des runes, Odin se pendit à Yggdrasil, le grand arbre qui reliait les trois mondes de l’univers viking, et se perça le flanc de son épieu. 

    Ce mythe n’est indiqué que dans une seule source, un poème intitulé Hávámal « Les Paroles du Très Haut », mentionné par l’Edda Poétique : 
      
    Je me souviens d’avoir passé/Neuf nuits entières/Pendu à l’arbre battu par les vents/
    Percé par l’épieu/Livré à Odin/Livré à moi-même/
    Sur cet arbre/Dont personne/Ne connaît les racines/
    Sans recevoir de pain/Ni boire à la corne/Je scrutais les profondeurs/
    Je saisis les runes/En hurlant je les saisis/Puis je retombais.
     
      
    Ce texte assez énigmatique semblerait indiquer que les runes provenaient du royaume de Hel, Reine de la Mort dans le Niflheim. 
      
     
    Runes sur une pierre datée de la période viking. By Mararie. 
      
    Par les runes, Odin obtint le don de sagesse occulte.  
      
    Le chiffre 9 avait des vertus particulières. Odin se suspendit 9 nuits pour apprendre 9 sortilèges. Ce chiffre apparaît dans tous les mythes nordiques sans que nous sachions pourquoi.
    Une grande fête de 9 jours se tenait tous les 9 ans à Uppsala en Suède, au cours desquels on sacrifiait 9 individus de chaque race d’êtres vivants, y compris un être humain.
     
      
     
    Inscription runique découverte en Suède. By Access.denied 
      
    Bien que nous ayons peu de témoignages, les runes jouaient un rôle important dans les divinations et les sacrifices rituels, pour lesquels elles devaient être rougies de sang. 
      
    Des runes ont été retrouvées sur des amulettes. Certaines portent des messages pour accroître leur pouvoir magique. 

    Un cercle de pierre de Björketorp en Suède présente une inscription qui parle de « runes de pouvoir » et invoque une malédiction sur quiconque détruirait les mégalithes. 
      
     
    Runes (U 135). By Mararie. 
      
    Dans les mythes islandais, les runes favorisent l’accouchement, apportent santé ou maladie, donnent la victoire aux guerriers, provoquent des tempêtes ou les calment. 
      
    Il y a une concordance entre la sorcellerie telle qu’elle était pratiquée au Moyen Age et certaines légendes germaniques. 

    On pouvait par exemple jeter un sort maléfique ou bénéfique en gravant des runes sur un os, un morceau de bois ou de métal. 
      
     
    Gros plan sur des runes. By Mararie. 
      
    A Arhus, au Danemark, on a découvert une pierre runique ornée  d’un masque cornu à l’aspect plutôt démoniaque. 

    L’inscription indique qu’elle a été érigée par un forgeron en l’honneur d’un certain Troels, qui lui a donné « l’or et le salut ». 
      
    Le futhark 
    C’est le nom attribué à l’alphabet runique d’après les sons attribués à ses six premiers caractères :f,u,th,a,r,k.
    Il existait plusieurs versions différentes de cet alphabet. L'alphabet original des runes nordiques comporte 24 lettres qui représentent les 24 constellations visibles des anciens Scandinaves.
    Celle des Scandinaves est la plus courte avec 16 caractères.
     
      
     
    Futhark scandinave à 16 caractères 
      
    Comme pour les hiéroglyphes égyptiens, chaque signe représentait un son et symbolisait  en même temps un objet ou une notion abstraite. 
      
    Par exemple, la première rune de l’alphabet correspondait à la lettre « f » mais aussi au mot « bétail » ou « richesse ». 
      
     
      
    Le nombre limité de runes posait des problèmes car certains sons n’étaient pas représentés ou étaient dédoublés. Par exemple, il n’existait pas de rune propre à « d », « g » ou « p ».
    On utilisait « t », »k » ou »b ».
    Certains inscriptions sont donc difficiles à traduire à cause de ces ambiguïtés.
     
      
     
    L'origine des runes reste mystérieuse. By Mararie. 
      
    Tiwaz (lettre t ) pouvait signifier la flèche,
    la fidélité ou se référer au dieu de la Guerre Ziu.  
    Kaunan (lettre k) pouvait signifier  la torche ou le bateau. 
     
      
    Il y a donc une marge d’erreur dans les traductions qui ont été effectué
     
    SOURCES
     
    http://passionsetpartage.clicforum.fr/t602-Le-secret-des-runes.htm
     
     
     
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    LES RUNES ANCIENNES

    par    

     

    http://www.comptoir-islande.com/les-runes-anciennes/

     

    Les runes datent de quand ?
    Les historiens estiment qu’elles apparaissent à partir de 150 ans après Jésus-Christ.
    Elles ont perduré pendant plusieurs siècles, mais l’expansion du Christianisme a imposé, petit à petit, l’alphabet latin.
    Les runes ont cessé d’être utilisées en Europe occidentale dès 700 après JC, et à partir de 1100 après JC en Europe du nord. Après le Moyen-âge, elles ont principalement été employées à des fins ornementales.
    Les runes, forme primitive d’alphabet, étaient gravées dans le bois, la pierre ou les métaux. Les Vikings pensaient que l’alphabet runique recélait des pouvoirs magiques. 

    Les origines des runes demeurent un mystère.
    Cependant, nous savons que d’autres peuples germaniques les utilisaient, bien avant l’ère viking. 

    Les runes se composent de droites qui sont plus faciles à graver que les courbes. On n'utilisait pas les runes pour écrire de longs documents. 

    Malgré tout, la plus longue inscription connue comporte 700 symboles. 

    Les historiens actuels donnent à l’alphabet runique le nom de futhark. 
      
    Utilisation des runes 
    Rune provient de l’ancien scandinave « rûnar » qui signifie « écriture secrète ».  Les runes ont été utilisées par les peuples germaniques du nord de l’Europe (Grande-Bretagne, Scandinavie, Suède, Islande) entre le IIIe s. et le XVIIe s. 
      
    Ces lignes simples étaient faciles à graver. Même sans papier, ni plume, il était possible de tailler une phrase runique dans le bois. 

     

    Que signifie le mot « rune » ? 

     

    « Run » en Lithuanien veut dire « parler ». « Runo » en finlandais évoque l’idée de « poème ».

     

    En anglais, « rune » puise ses racines dans le mot « run » germanique qui signifie « secret ».

     

    Il est désormais utilisé pour décrire l’alphabet utilisé au nord de l’Europe par opposition à l’alphabet latin. On ne devrait d’ailleurs pas le qualifier d’alphabet, puisque ce mot suppose la présence des deux premières lettres de l’alphabet latin ou leurs déclinaisons, alpha et beta. Mais ce serait pinailler !

     

    La « Vaksala Runestone » en Suède, gravée avec des runes du 12e siècle, de l’alphabet « Younger Futhark ».La « Vaksala Runestone » en Suède, gravée avec des runes du 12e siècle, de l’alphabet « Younger Futhark ».

    A QUOI SERVAIENT LES RUNES ?

    Les livres n’existaient pas, le papyrus était encore resté en Egypte, les runes étaient pas conséquent utilisées avec les matières que l’on trouvait en Europe du nord : sculptées dans la pierre, gravées dans le cuir, apposées sur les objets, tracées sur les monuments… L’objet le plus ancien qui soit marqué avec des runes date de 150 ans après JC. Il s’agit d’un peigne trouvé à Vimose au Danemark.

     

    Les symboles qu’on y trouve appartiennent au « Elder Futhark », le premier alphabet runique qui a été utilisé entre 150 et 800 après JC. Pourquoi Futhark ? Parce qu’il s’agit des 6 premières lettres de cet alphabet : F U TH A R K.

     

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    LES DIFFÉRENTES VERSIONS

    Entre 800 et 1100 après JC, c’est le « Younger Futhark » qui a été utilisé, avec de nombreuses déclinaisons selon les régions.

     

    En Islande, c’est principalement la version norvégienne qui a été utilisée. L’alphabet est devenu « Medieval runes » après 1100, et jusqu’à la fin du Moyen-âge, vers 1500.

     

    Entre 1500 et 1800 après JC, ce furent les « Dalecarlian runes ».

     

    Des versions plus récentes ont été mêlées avec des caractères latins. A noter que les islandais utilisaient une version simplifiée de l’alphabet « Younger Futhark », limitée à 16 runes

     

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    LE SAVIEZ-VOUS ?

    Les runes se lisent généralement de la gauche vers la droite, mais pas toujours. Les plus anciennes allaient indifféremment dans un sens ou dans l’autre.

     

    On les imagine racontant des poèmes, des sagas de Vikings, des exploits de guerriers.

     

     

    Mais la réalité est plus crue.

     

    Certes il existe des histoires racontées en runes, mais la plupart des inscriptions étaient plus basiques : des signatures sous la forme de graffitis et d’insultes (pas besoin d’exemple, il en existe dans toutes les toilettes publiques contemporaines), des messages d’amour(« Ragnar et Lagherta pour la vie »), des messages de type « Loki was here », des incantations magiques

     

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    Une pierre gravée avec des runes, trouvée à Orphir, sur une île au nord de l’Ecosse

    LE SAVIEZ-VOUS, VERSION CONTEMPORAINE ?

    Le symbole des Waffen-SS nazis était une version du « S » de l’alphabet runique doublée, qui signifie « Soleil », mais qui a été modifiée par Heinrich Himmler pour devenir « Victoire ». Ce symbole a été imaginé par le SS Walter Heck en 1933 pour le compte du designer Ferdinand Hoffstatter.

     

     

    Son travail sur le « S », revisité pour ressembler à un double-éclair inquiétant (et désormais de sinistre mémoire) a rapporté 2,5 marks de l’époque à son auteur. Dans un registre plus léger, l’auteur anglais J.R.R. Tolkien a utilisé d’abord de vraies runes dans son univers fantastico-médiéval du Seigneur des Anneaux, mais a fini par inventer de toutes pièces son propre alphabet, le Cirth.

     

    Le seigneur des anneaux, de Peter Jackson, selon J.R.R. TolkienLe seigneur des anneaux, de Peter Jackson, selon J.R.R. Tolkien

     

     

    © photo principale : Scott Mitchell ; © photos texte : Astalos Guyla, Alx, Norman Gunthrie, CBaddict, AOL Time Warner
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  • Du pictogramme à l’écriture cunéiforme

    La naissance et l’invention de l’écriture ont bouleversé la société et nous ont permis de conserver la mémoire du passé.
    Qu’est-ce que la civilisation ? Aucune définition n’a obtenu de consensus au sein de la communauté scientifique. Mais, il ne fait aucun doute que la naissance de l’écriture représente un progrès fondamental dans le développement de la civilisation.

     


    Officiellement, l’écriture est née à Sumer, en Mésopotamie, au IVe millénaire avant notre ère.

     

     

     

     

    Naissance de l’écriture

    Dans la Mésopotamie antique, les premiers signes d’écriture apparaissent pour répondre à des besoins pratiques :

     

    comptabiliser des têtes de bétail ou des sacs de grains.

     


    Le plus ancien témoignage d’écriture connu date de 3 300 avant notre ère. Ce sont des tablettes sumériennes en écriture pictographique.

    pictogrammes

    Liste de noms propres. Tracée sur du calcaire, cette tablette pictographique sumérienne date de la fin du IVe millénaire. By Villamota

    Au IVe millénaire avant notre ère se développe dans le sud de l’Irak actuel, une culture différente.

     

    L’accroissement de la production agricole et le développement d’échanges commerciaux permettent aux Sumériens de créer une économie.

     


    Pour la première fois, une organisation sociale hiérarchisée apparaît.

    Ce passage d’une société agricole à une société urbaine oblige les Sumériens à créer un système d’écriture.

     

    En effet, l’invention et la pratique de l’écriture présupposent une emprise de l’homme sur son environnement matériel.

     


    Le niveau culturel et social nécessaire à une telle invention n’est atteint qu’à partir du IVe millénaire avant notre ère, dans les communautés agricoles du Proche-Orient, de l’Égypte et de l’Indus.

     


    L’écriture devient vite indispensable dans des civilisations qui adoptent des modes d’organisations sophistiquées.

     

     

     

    Hyeroglyphe

    Hiéroglyphes. © dinosoria.com

    Ce système d’écriture ne transcrit pas les sons de la langue, mais présente des signes images ou pictogrammes.

     


    Par exemple, le signe pour le bœuf est une tête de bœuf, celui pour l’orge est un épi, deux lignes ondulées représentent l’eau.

    Ces systèmes d’écriture ne sont donc pas fondés sur le phonétisme pur. La plupart de ces civilisations optent soit pour un système strictement idéographique (Chine), soit, ce qui est plus fréquent, pour un système idéographique partiellement phonétisé

    (Égypte, monde hittite et égéen, Amérique précolombienne).

    Hyeroglyphes

    Hiéroglyphes sur le sarcophage de Toutankhamon. © dinosoria.com

    La cité d’Ourouk (ou Uruk) se transforme progressivement en une ville aux dimensions imposantes.

     

    C’est là que naît officiellement l’écriture.

    Cette invention mésopotamienne fait passer l’humanité de la préhistoire à l’histoire.

    L’argile devient le support privilégié de l’écriture à Sumer.

    Les pictogrammes proviennent d’un système plus ancien.

    On sait que dès 6 000 ans avant notre ère, les agriculteurs du Moyen-Orient utilisaient des petits objets d’argile afin de tenir l’inventaire de leurs récoltes.

    Peu à peu, les Sumériens découvrent la valeur phonétique.

    Celle-ci prépare le passage au syllabisme, dont l’usage devient courant au début du IIIe millénaire avant notre ère.

    L’écriture cunéiforme

    Le système rudimentaire des pictogrammes a évolué progressivement pour aboutir à l’écriture dite cunéiforme « en forme de coin ».
    Le cunéiforme comprend un grand nombre de symboles représentant des concepts et des objets, mais aussi des sons.

    Ecriture cuneiforme

    Tablette gravée de caractères cunéiformes. (Assyrie. 865-860 avant notre ère). By Andrew Scott

    En évoluant du signe-image au signe-son, l’écriture permet sur un support transportable, l’enregistrement de contrats, de textes littéraires ou religieux.
    Les caractères sont inscrits sur des tablettes d’argile à l’aide d’un poinçon.

    Ecriture cuneiforme

    Texte d'astronomie rédigé en écriture cunéiforme découverte en Mésopotamie. By Villamota

    Des tablettes comportant une écriture cunéiforme mésopotamienne ont été mises au jour.

    Ces tablettes, faites en argile fraîche et incisées au moyen d'un roseau taillé en pointe, étaient d'abord séchées au soleil, puis cuites au four.

    Elles mesuraient de deux à trente centimètres de large.

    Du calcul à l’écriture

    L’écriture des Sumériens s’est probablement développée à partir d’un système de calcul beaucoup plus ancien.

     

    On a retrouvé des petits jetons d’argile datant de 8 000 ans avant notre ère qui montrent des symboles : animaux, plantes, jarres.

     


    Ils semblent avoir été utilisés pour tenir des comptes d’exploitations agricoles.

    Jetons d'argile

    Jetons en argile (ou calculi) contenus dans une bulle-enveloppe en terre séchée (vers 2900 avant notre ère).

    Musée du Louvre, Paris. © dinosoria.com

    Les Sumériens utilisaient également des jetons, plus sophistiqués, qui adoptaient la forme des objets qu’ils représentaient.

    Texte sumerien

    Textes mathématiques inscrits sur une tablette sumérienne

    (Musée national de Bagdad). © dinosoria.com

    Les Sumériens sont officiellement ceux qui posèrent les premières bases de l'arithmétique et de la géométrie.

    Texte sumerien

    Textes mathématiques inscrits sur une tablette sumérienne (Musée national de Bagdad). © dinosoria.com

    Le phonétisme

    Vers 3 000 ans avant notre ère, les Sumériens ont eu l’idée d’utiliser un procédé qui vous rappellera votre enfance :

    le rébus.

     


    Ainsi le pictogramme de la flèche (ti en sumérien) désigne la vie qui se prononce également « ti ».
     

    Ce système très souple permet avec un vocabulaire écrit de 600 caractères environ d’exprimer, par écrit, tout ce qui peut être décrit dans la langue sumérienne.

    L’évolution de l’écriture

    Sur les premières tablettes, les images sont gravées en colonnes verticales à partir du coin supérieur droit.


    Les scribes jugent ensuite plus commode d’adopter une écriture horizontale de gauche à droite.

    Scribe

    Avec une plume de roseau trempée dans l'encre, les scribes égyptiens tracent les hiéroglyphes. © dinosoria.com

    Vers 2 500 avant notre ère, le poinçon est abandonné.

    Les scribes utilisent la pointe de roseau triangulaire qui pénètre plus facilement dans l’argile et laisse une trace bien nette.

    L’écriture dans le monde

    Les hiéroglyphes

    Apparemment, l’écriture est née au même moment en Mésopotamie et en Égypte. Certains des hiéroglyphes sont des idéogrammes qui représentent un objet, un être ou une action simple.

     

    Par exemple, un homme qui bascule signifie « tomber ».

    Le visage humain peut représenter la tête qui se prononce

    « hr », et la proposition « sur » qui se prononce de la même façon.

     

    Hieroglyphes

    Hiéroglyphes sur le masque funéraire de Toutankhamon. © dinosoria.com

    La grammaire est très compliquée et le vocabulaire est riche. Le demi-cercle indique le son « t », mais est également le déterminant féminin.

    « Medou netjer » qui signifie « paroles divines » était le nom donné par les Égyptiens à leur écriture. Hiéroglyphe nous vient du grec « hierogluphikos » c'est-à-dire « paroles sacrées ».

    D'autres hiéroglyphes, les phonogrammes, 150 environ, évoquent des sons.

    hyéroglyphe

    Champollion comprit, grâce à ce signe, que l'écriture égyptienne était aussi phonétique : ce signe se prononce « mes »,

    mot qui veut dire « mettre au monde » en copte.

    © dinosoria.com

    Ce n'est que vers 1200 avant notre ère que les Égyptiens inventeront le point. Pour les opérations courantes, les scribes utilisent une écriture simplifiée, l'hiératique.

    Les deux écritures sont utilisées jusqu'en 350 de notre ère.

    L'écriture hiéroglyphique se lit par ligne ou par colonne de droite à gauche ou inversement, de haut en bas ou de bas en haut.

     

    Pour déterminer le sens, il faut savoir que les figures sont toujours tournées vers le début du texte.

     

    Elles sont donc toujours dirigées vers la même direction.

    En Chine

    En Chine, l’écriture apparaît 1000 ans plus tard.

    Les premières inscriptions chinoises connues remontent à 1 400 ans avant notre ère.

    Plastron de tortue

    Plastron de tortue incomplet. Musée Guimet, Paris. By Crow . Licence

    Ce sont des textes divinatoires inscrits sur des omoplates de cervidés ou des carapaces de tortues.

    Mayas

    En Amérique précolombienne, on a retrouvé des calendriers olmèques datant du IIe millénaire.
    Ce peuple mystérieux a semble-t-il inventé un système de notation calendaire de points et de traits.

     

    Le calendrier remonte jusqu’à l’an 3 114 avant notre ère pour s’arrêter à l’an 2012 de notre ère.
    Cela implique des acquis en mathématiques et astronomie très avancés.
     

     

    Nous ne savons pas de qui les Olmèques tenaient ces connaissances.

    Glyphes mayas

    Glyphe en stuc maya. Les Mayas gravaient la pierre et la céramique. © dinosoria.com

    Les Mayas ont repris le principe du calendrier olmèque. On peut supposer qu’il s’agit d’un héritage et non d’une invention de leur part.
    Les Mayas comptabilisaient le temps d’une manière quasi obsessionnelle. Ils ont laissé derrière eux de nombreux décomptes calendaires.

    Civilisation de l'Indus

    En Inde, la civilisation de l’Indus, du IVe au IIe millénaire avant notre ère, nous a laissé une écriture qui n'a jamais pu être déchiffrée.. Cette écriture n'apparaît que sur des sceaux et les inscriptions sont trop courtes.

    Sceau gravé

    Sceau gravé avec quatre symboles retrouvé à Mohenjo-Daro

    (Musée national, Karachi). © Grund

    Cette écriture se lit de droite à gauche. Elle consiste apparemment en une combinaison de syllabes et de mots.

    La révolution de l’alphabet

    L’écriture fut révolutionnée avec l’invention de l’alphabet :

    un signe = un son.
    Inventé il y a 3 000 ans, l’alphabet phénicien serait l’ancêtre de tous les alphabets du monde.

     

    Les Araméens propagèrent les lettres phéniciennes de l’Égypte à l’Indus.

    Les différentes civilisations reprirent cet alphabet en l’aménageant.

    Hyeroglyphes. Pierre de Rosette

    Pierre de Rosette. J.F Champollion a décrypté les hiéroglyphes en étudiant une copie de la pierre de Rosette. © dinosoria.com

    Par exemple, l’alphabet hébreu ne compte que les consonnes. Les Grecs s’approprièrent les 22 signes phéniciens et les adaptèrent à leur langue en ajoutant des voyelles.

    En Europe, il y a plus de 1 500 ans, les peuples germano-nordiques inventent des lettres appelées runes.

    De la page à l’écran

    L’écriture navigue aujourd’hui du papier à l’écran d’ordinateur. Mais ne s’agit-il pas d’une nouvelle écriture que nous réinventons ?


    Avec le CD-ROM en 1985, apparaît la notion de multimédia.

     

    L’écriture devient numérisée,

    c’est-à-dire codée en une suite de signaux.

    V.Battaglia (02.2004). M.à.J (04.2007)

     

    http://www.dinosoria.com/naissance_ecriture.htm

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  • VIKINGS ET DRAKKARS
     L'art norvégien du bois
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    Viking 19 r
    Epoque viking, Trésor d'Oseberg, Musée des bateaux vikings.

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    Pour accéder au site, cliquer sur le lien suivant:

    Vikings et drakkars

    http://jalladeauj.fr/claveyrolasdrakkars/index.html

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    Dans les forêts norvégiennes, sur de grands blocs de pierre, les hommes du néolithique ont gravé des représentations de bateaux, de traineaux, de chariots, témoignages d'une maîtrise ancienne dans le travail du bois. Les formes de leurs bateaux semblent souvent anticiper sur celles des drakkars de l'époque viking.
    Begby 1 09 red
    Gravure préhistorique: Begby, près de Fredrikstad, Norvège.

    Près d'Oslo, le musée des bateaux vikings présente les chefs d'oeuvre d'une civilisation raffinée, sans commune mesure avec ce qu'ont pu connaître les populations victimes des raids et pillages au cours des invasions.

    Viking 14 r
    Epoque viking, Trésor d'Oseberg, Musée des bateaux vikings.


    Les trésors de la tombe d'Oseberg, entre autres, sont d'un intérêt capital, tant sur le plan historique qu'artistique. La visite de ce musée, dont la richesse et la qualité des oeuvres est sans équivalent ailleurs, est aussi une étape indispensable pour comprendre l'art des églises en bois debout, les 
    stavkirker de l'époque romane.Viking 13 r
    Epoque viking, Trésor d'Oseberg, Musée des bateaux vikings.

     

    SOURCES

    - Blog - http://jalladeauj.fr/claveyrolasroman/styled-4/index.html

     

     

     

     




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    Pendant environ soixante-dix ans, les Vikings assaillent les côtes de la Manche et les rives de la Seine.

     

    Malgré leur faible nombre, ces envahisseurs bousculent la défense franque et réussissent à s’installer dans la région qui deviendra la Normandie, la seule implantation durable des Scandinaves dans le royaume de France.

     

    En 911, leur chef Rollon devient comte de Rouen.

     

    Quels sont les secrets de ce succès ?

      

    - Après une première tentative avortée en l’an 820, une flotte viking s’engage dans l’estuaire de la Seine le 12 mai 841. Comment se déroule ce premier raid en Normandie ?


    - Les moines de Fontenelle ont succinctement relaté l’événement dans leurs annales. Le 12 mai, les Vikings entrent dans l’estuaire de la Seine ; le 14 ils sont à Rouen qu’ils mettent à sac pendant deux jours.

     

    La ville est finalement incendiée. Les moines de l’abbaye Saint-Ouen ont juste le temps de s’enfuir avec les reliques de leurs saints.

     

    Les envahisseurs ne s’enfoncent pas plus loin dans le royaume et préfèrent redescendre le fleuve.

     

    Au passage, l’abbaye de Jumièges est pillée tandis que sa voisine, Fontenelle, obtient d’être épargnée contre le paiement de six livres d’or par la communauté monastique.

     

    Puis une délégation de moines de Saint-Denis rencontre les envahisseurs et négocie le rachat de 68 captifs. A la fin du mois, les Vikings ont regagné la mer.

     

      

     

      

    Reconstitution d'un bateau viking au Puy du Fou (Ludo29880 sur Flickr)

     

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    - Quelles motivations guidaient les Vikings à s’aventurer si loin de leur pays ?
     

    - Les raisons sont multiples. Régis Boyer, spécialiste des civilisations nordiques, met en avant l’appât du gain. Les Vikings razzient l’or, l’argent et les esclaves qu’ils comptent rapporter en Scandinavie.

     

    C’est pourquoi ils attaquent de préférence les monastères et les places marchandes. Les assaillants trouvent un contexte favorable à leurs opérations : les villes – ne parlons pas des abbayes – sont mal défendues et le roi Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, doit faire face à de multiples dangers.

     

    Les Bretons poussent à l’ouest, l’Aquitaine menace de faire sécession tandis que l’aristocratie revendique de nouveaux pouvoirs.

     

    - Les Vikings qui assaillent la Normandie viennent principalement du Danemark. La situation politique de ce pays favorise aussi les expéditions vers l’Occident…

      

    - A cette époque, au IXe siècle, le Danemark a un roi mais, pour autant, ce n’est pas un véritable royaume. Les clans de l’élite guerrière s’affrontent pour accéder au trône ou pour dominer leurs voisins.

     

    Cette compétition oblige de nombreux aristocrates scandinaves à monter des expéditions en Occident pour démontrer leur bravoure, pour prouver leur capacité de commandement et pour s’enrichir.

     

    Autant d’atouts indispensables pour ensuite conquérir le pouvoir au Danemark.

      

    - Quelles tactiques emploient les Vikings pour réussir leurs opérations de pillage ? On a souvent parlé de l’effet de surprise.
     

      

    - Oui, cela peut être une explication, surtout dans les premiers temps, lorsque les Vikings pratiquent des raids brefs pendant la belle saison et repartent en Scandinavie une fois leurs bateaux chargés de butin.

     

    Cependant, quand ils remontent les fleuves, se mettent à assiéger plusieurs jours les villes et à hiverner sur des îles de la Seine – nous savons qu’ils montèrent des camps au niveau de Jeufosse et d’Oissel -, l’effet de surprise disparaît. Par contre, reste la peur.

     

    Les envahisseurs osent s’en prendre aux choses les plus sacrées (église et clercs), provoquant l’effroi des autochtones. A tel point qu’au bout d’une dizaine d’années, ils n’ont plus besoin de piller.

     

    Les monastères, les villes et même le roi consentent à leur verser des tributs pour leur départ, les danegelds.

      

     Abbaye de Jumièges

     

      

    Les Vikings incendièrent à plusieurs reprises l'abbaye de Jumièges. Les murs de l'église saint-Pierre conserveraient sur ses murs des traces de combustion rappelant cette époque troublée (source : Ho Vista Nina Volare sur Flickr).

      

     

     

     

    - Parmi les mesures défensives, le roi Charles le Chauve édifie le pont fortifié de Pîtres, à hauteur de la ville actuelle de Pont-de-l’Arche. En quoi consiste cet ouvrage ? Est-il efficace ?


    - Installé au-dessus de la Seine, le pont de Pîtres a pour rôle de bloquer toute remontée de flotte ennemie en amont de Rouen. Aux extrémités du pont, un châtelet défend chaque entrée. D’après l’archéologue Jacques Le Maho, les travaux commencent en 862 mais sont retardées par de nouvelles expéditions vikings.

     

    Le pont est terminé vers 873. Il semble produire des effets puisque dans la décennie suivante, les Scandinaves ne remontent plus la vallée de la Seine. L’Angleterre devient leur nouvelle cible.

     

    Mais à partir de 884, les sources n’évoquent plus le pont de Pîtres et l’année suivante, une immense flotte viking menée par le chef Sigfrid – environ 700 navires – remonte la Seine et entreprend le siège de Paris, preuve que l’ouvrage fortifié n’a pas constitué un obstacle suffisant.

     

    - Comment expliquer finalement l’échec de la défense franque ? Les Vikings ne sont pas mieux armés que leurs adversaires ; ils ne sont pas plus nombreux !


    - Les Carolingiens paient notamment leurs absence de flotte.

     

    Les Vikings naviguent impunément sur les mers et les fleuves.

     

    L’armée carolingienne, longue à mobiliser, échoue face à des adversaires plus mobiles qu’elle.

     

    En cas de danger, les Vikings se replient dans leur bateaux. Ils n’étaient pas poursuivis.

     

     

    L’impuissance du roi Charles le Chauve apparaît au grand jour quand il est contraint de payer des Vikings pour chasser d’autres Vikings qui campent sur l’île d’Oscellus. Wéland et sa bande reçoit ainsi 5 000 livres des Francs. Aussitôt payé, ils entreprennent en 861 le blocus de l’île d’ Oscellus.

     

    Au début de l’hiver, les Vikings assiégés se rendent ; Wéland leur accorde la vie sauve et l’hivernage dans la basse-Seine en contrepartie de 6000 livres.

     

    Le mercenaire scandinave a fait fortune.

     

    - Après une période d’accalmie, les invasions scandinaves reprennent dans la région à partir de 885. Comment le roi carolingien Charles le Simple résout ce problème récurrent ?


    - Il traite avec le chef viking Rollon. Nous ne savons rien de certain sur ce personnage ; l’historiographie place son arrivée en Normandie en l’an 876. A force de multiplier les raids, sa bande de Vikings n’arrive probablement plus à soutirer beaucoup d’argent d’une région épuisée par les pillages et les tributs. Rollon commence donc à exploiter directement le pays, à le coloniser et à le contrôler.

     

    Incapable de s’en débarrasser, Charles le Simple décide de s’en faire un allié. Il lui abandonne tout le pays entre l’Epte et la Manche, dont Rouen.

     

    En échange, Rollon doit accepter de se convertir au christianisme et de protéger le royaume contre de nouveaux envahisseurs.

     

     

    C’est le traité de Saint-Clair-sur-Epte, conclu en 911.

     

    Cet accord s’avère un bon coup politique, car Charles le Simple aura la paix jusqu’à la fin de son règne, du moins du côté normand.

     

    - Ce traité marque la naissance de la Normandie…


    - Oui, car le territoire cédé à Rollon et peuplé par ses compatriotes nordiques, prendra le nom de Normandie, « le pays des Normands », c’est-à-dire des hommes du Nord.

     

     

    - Quel est l’état de la Normandie quand Rollon accepte le traité de Saint-Clair-sur-Epte ?


    - Les premiers historiens normands, notamment Dudon de Saint-Quentin, ont répandu l’image d’une région désertée suite aux raids vikings.

     

    Aujourd’hui l’historiographie se montre plus mesurée.

     

    Oui, la future Normandie fut durement éprouvée, oui les élites et les communautés monastiques ont fui mais aucune ville n’a disparu, l’archéologie rurale n’a pas mis en évidence une rupture brutale dans l’occupation du sol pendant cette période troublée.

     

    - L’archéologie a retrouvé peu de témoignages matérielles d’une présence viking en Normandie. Des dragages dans la Seine ont juste permis de retrouver quelques armes.

     

    Où sont les traces de l’empreinte nordique ?

     

    - L’héritage le plus notable se situe dans la toponymie. Regardez combien de noms de lieux qui, en Cotentin, dans la Plaine de Caen, en Roumois ou en pays de Caux, trahissent une origine scandinave. Ce sont notamment tous ces toponymes qui se terminent par -tot, par -fleur, ou

     

    par -beuf : HonfleurHarfleurBarfleurQuillebeufElbeufYvetot… Il y a en a des centaines parmi les hameaux, les villages et les villes de Normandie.

      

     

    Honfleur. Son nom, composé des mots norrois horn et floth, signifierait « l'embouchure du tournant ».

      

    Le port d'Honfleur

     

      

    - Ce sont les preuves d’une colonisation viking ?


    - Oui avec cette réserve qu’un toponyme viking ne signifie pas obligatoirement un peuplement viking.

     

    Il peut simplement désigner un village peuplé d’autochtones, mais rebaptisé parce que le chef est scandinave.

    A la suite de Lucien Musset, les historiens considèrent que les envahisseurs étaient peu nombreux, peut-être quelques dizaines de milliers.

      

    - Les Vikings ont aussi laissé leur empreinte dans la langue…

    - C’est à relativiser. Environ deux cents mots vikings sont passés dans le patois normand et une infime minorité se retrouve aujourd’hui dans le français.

     

    Ce vocabulaire tourne généralement autour de la mer et sert à décrire les littoraux, les éléments d’un bateau, ou l’activité de pêche… Saviez-vous que bâbord, tribord, quille, hublot sortent de la bouche des Scandinaves ?

     

    - En fin de compte, l’héritage viking s’avère modeste. C’est assez paradoxal car les Scandinaves sont tout de même à l’origine du duché de Normandie.

    - Oui, c’est un paradoxe. Mais il s’explique facilement. Les Vikings qui se sont installés en Normandie ont fait le choix de l’intégration.

     

    Ils se sont convertis au christianisme, ont épousé les autochtones, ont abandonné leur langue et ont repris le cadre administratif et judiciaire carolingien. Un siècle après leur installation, leur originalité s’était diluée.

      

      

    A lire

    • Pierre Bauduin, « Des raids scandinaves à l’établissement de la principauté de Rouen » in Elisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, La Normandie avant les Normands de la conquête romaine à l’arrivée des VikingsCaen Ouest-France, 2002
    • « Les Vikings en France », Dossiers d’Archéologie, n°277, octobre 2002
    • Jean Renaud, Les Vikings en France, Ouest-France, 2000
    • Vincent Carpentier, « Les Vikings en Normandie», Dossiers d’Archéologie, n°344, mars 2011

      

    SOURCES :

      

    HISTOIRE de la NORMANDIE - article écrit Par Laurent Ridel

     

    BELLES PHOTOGRAPHIES

    du BLOG DVELEC

    http://www.dvelec.com/rollon-le-traite-de-saint-clair-sur-epte-part-2.html  

      

    http://www.histoire-normandie.fr/les-invasions-vikings

    photos ajoutées google

     

      

     

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  • L’âge des Vikings 

     

    carte du Vinland, document (peut-être un faux) censé dater du xveet être fondé sur un original du xiiie siècle. Il donne les contours duVinland, en plus des trois continents connus jusqu'alors. La carte rapporte les découvertes de voyages menés au xie siècle. Quoique l'authenticité du document soit controversée, avec les travaux d'al-Idrissi en Sicile normande, les contributions nordiques à la connaissance géographique dépassent largement celles de l'Occident chrétien, qui s'en tiennent à perpétuer le schéma en T d'Isidore de Séville 

     

    est le nom de la période définie selon l'historiographie traditionnelle entre 793 et 1066 de notre ère en Scandinavie et Angleterre, suivant l'Âge du fer Germanique (l'âge de Vendel en Suède), mais selon l'archéologie elle commence à l'âge du fer romain (en). Pendant cette période, les Vikings, guerriers et marchands scandinaves, ont pillé et exploré une grande partie de l'Europe, sud-ouest de l'Asie, le nord de l'Afrique et ont atteint le nord-est de l'Amérique du Nord. Hormis l'exploration de l'Europe par ses océans et rivières grâce à leurs connaissances avancées de navigations et l'extension de leurs routes de commerce à travers de vastes parties du continent, ils se sont aussi engagés dans des guerres, ont pillé et mis en esclavage de nombreuses communautés chrétiennes de l'Europe médiévale pendant des siècles, contribuant ainsi au développement du système féodalen Europe, qui inclut les châteaux et barons (servant de défenses contre les raids vikings). 

    Société viking

    Les Vikings ayant envahi l'Europe occidentale venaient principalement du Danemark, de Norvège et de Suède.

    Ils ont ensuite colonisé de nombreuses contrées tel la Normandie, les îles Féroé, l'Islande, le Groenland et peut-être brièvement une partie de l'Amérique du Nord.

     
    Carte présentant les aires de colonisation scandinave au VIIIe (rouge brique), neuvième (rouge) et dixième (orange). NB : La coloration jaune (XIe siècle) du sud de l'Angleterre et de l'Italie résulte d'une confusion Vikings / Normands de Normandie. Les zones vertes sont les zones ayant été soumises à de fréquents raids vikings.Modèle:Imagefact

    Les contrées scandinaves étaient alors largement divisées. Au Danemark, des royaumes de taille moyenne, capables de négocier avec l'empire franc, se sont succédé dès le viiie siècle, mais ce n'est qu'à partir du règne d'Harald Ier du Danemark dit « à la dent bleu » qu'on peut parler d'une véritable unification du Danemark.

    La Norvège fut divisée en dizaines de petits royaumes pendant la majorité de l'époque viking, malgré une éphémère unification du sud et des côtes du pays parHarald Ier de Norvège, dit « belle chevelure », une véritable unification n'intervenant qu'à partir du xie siècle. En Suède, l'unification ne commença qu'à partir du xiie siècle, à une époque où le christianisme s'était déjà largement développé dans la région.

    La société viking était fondée sur l'agriculture et le commerce avec d'autres peuples et insistaient beaucoup sur le concept d'honneur aussi bien dans le combat que dans leur système de justice criminelle. Leur langue, le vieux norrois, est l'ancêtre deslangues scandinaves actuelles.

    Causes de l'expansion des Vikings

    Parmi les causes ayant provoqué le phénomène viking, le philologue Rudolf Simeksuggère un argument religieux :

    « Une des causes de l’émergence de l’âge viking peut avoir été la progression du christianisme ». Voici ce qu'il écrit1 :

    « Ce n’est pas un hasard si le début de l’activité viking s’est produit sous le règne de Charlemagne.

    La menace militaire franque, soumission des Frisons et des Saxons, à la frontière du Danemark, aurait provoqué un changement soudain de l’attitude des Scandinaves [...] La montée du christianisme constituait une menace en soi. Bien que les monastères aient été intéressants à piller et mal gardés, si l'on considère cette hypothèse il apparaît clair que le premier raid « officiel » viking se soit porté sur l’île deLindisfarne, et qu’il ait visé un monastère (bien que l'attrait d'un butin mal protégé soit à envisager), protagoniste sans défense de la nouvelle foi, qui constituait une menace politique et idéologique pour la Scandinavie. »

    Une autre raison peut être l'adoucissement du climat ayant entraîné une augmentation de la population, enjoignant à trouver de nouveaux espaces.

    Un autre facteur serait la destruction de la flotte frisonne par Charlemagne vers 785, qui interrompit le flux de nombreux commerces de biens avec l'Europe centrale vers la Scandinavie et força les Vikings à aller les chercher eux-mêmes. Un facteur important à tout cela, particulièrement pendant les périodes de colonisation et de conquêtes qui ont suivi les premiers raids, est aussi les conflits internes en Scandinavie, qui entraînèrent la centralisation des pouvoirs entre quelques mains. Butins, nourriture et territoires ou encore la religion : on peut considérer que tous ces facteurs ont contribué à la naissance de l'Âge des Vikings.

    Panorama historique

    La première référence traditionnelle historique à un raid viking date de 787 lorsque, d'après la chronique anglo-saxonne, ils tuèrent un officier anglais qui, les prenant pour des marchands, voulait leur faire payer des taxes commerciales. Néanmoins, on s'accorde plutôt pour dater le début des raids vikings dans les îles Britanniques le 8 juin 793, quand cette même chronique rapporte le pillage du grand monastère de Lindisfarne.

    Cet effet de source dans l'historiographie masque l'archéologie viking qui met en évidence que si l'on entend par phénomène viking des raids par la mer de peuples germaniques de Scandinavie, il commence à la fin du iie siècle à l'âge du fer romain (en), correspondant selon la terminologie archéologique à la période VIII de Montelius.

     

    De plus, des sources écrites mentionnent des attaques vikings avant 793 : Grégoire de Toursnote dans son Decem Libri Historiarum5 l'attaque menée entre 512 et 520 par le roi danois Chlochilaïc en Austrasie6.

    Les années 794 et 795 furent marquées, d'après les annales d'Ulster, par d'importants raids vikings sur les côtes septentrionales de l'Irlande, et notamment sur l'île d'Iona.

    La fin des raids vikings en Angleterre est traditionnellement datée par la tentative ratée d'invasion du pays par Harald III de Norvège, qui fut battu par le roi saxon Harold Godwinson à la bataille de Stamford Bridge en 1066, puis par un descendant viking, Guillaume le Conquérant. En Irlande, elle prit fin avec la prise de la ville viking de Dublin par Strongbow et ses troupes hiberno-normandes en 1171. En Écosse enfin, ce fut la défaite du roi Håkon IV de Norvège par les troupes royales d'Alexandre III d'Écosse à la bataille de Largs.

    Une reconstitution moderne d'un navire viking, photographie de 1969

    Le royaume des Francs de Charlemagne fut particulièrement touché par ces attaques, les Vikings remontant la Seine sur leurs navires (dont le nom de l'époque est langskip soit "long navire", et non drakkar). Ces raids se succédèrent jusqu'à ce que le roiCharles le Simple décide, en 911, de nommer le chef viking Rollon, d'origine danoise ou norvégienne, duc héréditaire de ce qui deviendra la Normandie, étymologiquement le « pays (-ie) des hommes (-man-) du Nord (Nor-...-d-) ». En échange, il obtint de lui un serment de fidélité, sa conversion au christianisme et la promesse de défendre le Nord du royaume contre les incursions des autres groupes vikings.

     

    Quelques générations plus tard, les descendants vikings, complètement intégrés au peuple roman local, ayant adapté leur langue et leur culture, se lancèrent sous l'égide du duc d'alors, Guillaume II de Normandie, à la conquête de l'Angleterre, où ils formèrent une aristocratie francophone qui influença grandement l'évolution culturelle et linguistique de ce pays insulaire.

    À l'Est, des Vikings d'origine danoise et surtout suédoise écumèrent le réseau fluvial de l'actuelle Russie, commerçant et pillant avec les peuples slaves locaux. Nommés Varègues ou Rus, ces Scandinaves fondèrent de nombreuses villes le long de la Volga, et y formèrent peu à peu des principautés indépendantes, comme le prince Riourik à Novgorod, qui formèrent le berceau de la future principauté de Kiev et, rétrospectivement, de la nation russe. Ces États rus persistèrent jusqu'à l'invasion mongole de 1240.

    Certains de ces Vikings continuèrent jusqu'à la mer Noire et Constantinople et mirent en place d'importants liens commerciaux avec l'empire byzantin à travers le fleuve Volga.

    Dans les pays scandinaves, la fin de l'ère viking est généralement datée par l'établissement d'une véritable autorité royale et l'établissement du christianisme.

     

     

    SOURCES - WIKIPEDIA

     

     

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    Russie viking, vers une autre Normandie?

    Le musée de Caen propose depuis déjà plusieurs mois un parallèle intéressant entre la naissance de la Normandie et la principauté de Novgorod en Russie, où les Vikings furent présents dès le VIIIe siècle. Pour la première fois, plus de 500 pièces allant de l’objet cultuel à la vie quotidienne, sont rassemblés.

     
    Pendentif à décor de masque en argent, Xe siècle

    Nous l’avons déjà vu avec le jeu de Lewis, les relations entre Scandinavie et Europe étaient très fréquentes : les premiers raids vikings sont documentés dès le VIIIe siècle, Danois & Norvégiens sur le continent et les îles britanniques et Suédois dans le nord de la Russie. S’il s’agissait d’abord d’attaques et de pillages, les Northmen – hommes du nord – cherchèrent rapidement à s’installer sur ses territoires. Si en France, ceux-ci devinrent des normands, en Russie ces vikings prirent le nom de Varègues et s’insérèrent très tôt au sein de la population locale, notamment grâce à l’établissement de comptoirs commerciaux.

     
    Pendentif en argent, Xe siècle

    Dès le IXe siècle, ils s’impliquèrent dans la gouvernance de la région de Novgorod, qui devint au fil des siècles l’un des pôles les plus importants de cette Russie.

    Cette république marchande indépendante s’agrandit au fur et à mesure : une expansion territoriale qui dura jusqu’au XVe siècle grâce notamment aux nombreux comptoirs commerciaux fondés par les varègues. Les scandinaves participèrent ainsi à la stabilisation de la puissance publique et son épanouissement, enrichirent la culture de cette nouvelle entité baptisée du nom de « Rous ». Leur assimilation au monde slave s’opéra dans le contexte de la création d’un nouvel État.

     
    Masque de déguisement d'enfant en cuir, vers 1200-1250

    De multiples vestiges de cette civilisation russe du nord ont survécus, remarquablement bien conservés, faits notamment de matériaux organiques : cuir, tissus et bois. Ils sont les témoins de la vie quotidienne d’alors : déguisement d’enfant, jeux d’enfants, chaussures, instruments de musique, skis… Le bois était alors le matériau principal, abondant autour de la région de Novgorod : la première cathédrale , Sainte-Sophie et ses treize dômes, était intégralement construite en bois.

     
    Cheval à roulettes, jouet d'enfant en bois, milieu XIIe siècle

    Si les objets cultuels sont également présents, ils attestent d’un côté de la prégnance du paganisme scandinave par rapport au paganisme slave, puis de l’adoption du christianisme dès le Xe siècle  : un des objets les plus répandus est la croix pectorale de tradition pratiquement inconnue ailleurs en Europe. Les amulettes, même en période chrétienne, étaient également très répandues, ainsi que les souvenirs de pèlerinages.

     
    Croix pectorale en alliage cuivreux, XIIe siècle

    Le plus étonnant de ces vestiges est le « papier à lettre » utilisé entre le XIe et le XVe s. pour des échanges d’informations, des correspondances d’affaire, des plaintes et récriminations, ou même des lettres d’amour, mais aussi des prières ou l’apprentissage de l’écriture : il est fait d’écorces de bouleau sur lesquelles on grave le texte au stylet.

     
    Stylet en os, XIIe siècle
     
     
    Lettre sur écorce de bouleau, 1125-1150

    Il ne reste que quelques jours pour découvrir ces vikings, peuple de conquérants et d’explorateurs, ancêtres du peuple russe et dont ne cesse de découvrir le rôle majeur :

     

    « on sait que les hommes du Nord, les Northmen des anciennes chroniques, ont donné leur nom à la Normandie ; on sait moins que celui de « Russe » vient lui aussi de la manière dont on désignait ces aventuriers des rives de la Baltique :

     

    les Rous des chroniques slaves ».

    Russie viking : vers une autre Normandie? Musée de Normandie, Caen, jusqu’au 31 octobre 2011.

    Source : Musée de Normandie

     

     

     

     

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